Hommage à Farida Ayari, plume percutante partie trop tôt !

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Toute l’équipe de femmes de Tunisie est consternée et attristée par l’annonce du décès de Farida Ayari, une journaliste dans l’âme, qui a longtemps collaboré avec le magazine. Une plume percutante et passionnée, un style unique reconnaissable essentiellement dans ses « dossiers » et ses « portraits de femme » ainsi que dans ses reportages « Culture ».
Farida marquait chacun de ses passages dans les bureaux de la rédaction, par son franc-parler et même si certains en étaient vexés ou choqués, l’estime et la reconnaissance pour la qualité de son  travail prenait le dessus.

Farida, une grande dame dont on retiendra cette fameuse déclaration :  » Je ne suis pas une femme, je suis une journaliste ». Paix à son âme.

Biographie

Farida Ayari a passé plus de vingt ans à Radio France International, en tant que correspondante principale, chef de bureau en Afrique du Sud et rédactrice en chef du bureau du Moyen-Orient. Elle a également été correspondante de « L’Express », un hebdomadaire français et a régulièrement collaboré avec d’autres journaux français tels que « Politique Internationale », « Libération » et « Actuel ».

Elle a été reconnue pour sa couverture des principaux événements, notamment la transition vers la démocratie en Afrique du Sud, la guerre en Irak, le conflit au Sud Liban et la guerre de juillet 2006 au Liban et le conflit israélo-palestinien. Elle a également été chargée de couvrir des reportages en Afrique du Nord, y compris la guerre civile algérienne dans les années 1990, la Jordanie, la Syrie, l’Iran et l’Afrique australe.

Farida Ayari est titulaire d’une maîtrise de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris en Sciences Politiques et Relations Internationales. Elle est également diplômée de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris et de l’Ecole des Hautes Études Internationales. Elle a également participé à divers séminaires de formation organisés par Radio France Internationale et la Fondation Reuters. En 2008, elle a créé et géré un centre de formation en journalisme radio à N’Djamena, au Tchad, pour l’ONG américaine Internews Network avec un financement de l’USAID.

Farida a été également membre clé de l’équipe CDC (Center for Development Communication) répondant aux besoins de la Banque africaine de développement.

Extraits de ses collaborations avec Femmes de Tunisie 

*Dossier réalisé en 2015 : « Terrorisme aux frontières : La résilience des femmes de Kasserine »

[…] Pour Zeineb comme pour Mouna, c’est la pauvreté qui est à l’origine du terrorisme. Une pauvreté concentrée dans le quartier populaire de Kasserine, Hay Ezzouhour, où sur la place des Martyrs trône une mosquée salafiste. «Les gens sont très pauvres et quasiment analphabètes, souligne Mouna. Ils n’ont peur de rien et n’ont rien à perdre. Alors, aller dans la montagne, c’est pour eux donner un sens à leur vie.» Au fond, pour les jeunes hommes de Kasserine, il n’y a que deux alternatives: la contra ou le djihadisme. La mal-vie fournit régulièrement des renforts aux fous de dieux du djebel et c’est peut-être la raison pour laquelle les forces de l’ordre n’arrivent pas à venir à bout des djihadistes.

A lire en entier ici : https://femmesdetunisie.com/terrorisme-aux-frontieres-la-resilience-des-femmes-de-kasserine/

*Dossier sur les femmes candidates pour les législatives 2014: Portrait de Sayida Ounissi, tête de liste Ennahdha

[…]Sayida Ounissi plaide pour le contrôle du discours religieux dans les mosquées: «A Tunis, j’allais prier à la mosquée El Fath et je l’ai vue peu à peu se transformer sous l’influence des salafistes. Ils ont commencé par poser un horrible rideau pour séparer les femmes des hommes, puis ils ont recouvert la balustrade de nattes qui nous masquaient la vue sur le minbar. J’ai cessé d’y aller car je n’avais pas envie de prier parquée comme une vache dans un coin de la mosquée.» Du point de vue religieux, Sayida Ounissi se définit comme une révisionniste qui souhaite que l’islam soit libéré du carcan des interprétations […]

Portrait à (re)lire ici : https://femmesdetunisie.com/legislatives-2014-portrait-de-sayida-ounissi-tete-de-liste-ennahdha/

*Extrait de l’interview menée par Farida Ayari avec Hamza Ouni, réalisateur d’El Gort

Dans «El Gort», les femmes ne sont pas à l’image -à l’exception, brièvement, de la mère de Khaïri- pourtant elles sont omniprésentes par les propos, parfois très crus, de vos personnages.

H.O: J’ai filmé quelques séquences avec des filles, mais elles ont disparu au montage car elles n’avaient pas leur place dans cette histoire d’hommes. «El Gort» est un film masculin dans un monde du travail sans pitié. Personnellement, sans les femmes, je n’aurais jamais pu terminer ce film. Ma mère et mes sœurs m’ont beaucoup aidé matériellement et moralement. J’aime beaucoup les femmes et je les respecte.

Toute l’interview est à (re) lire ici : https://femmesdetunisie.com/rencontre-avec-hamza-ouni-realisateur-del-gortlecorche-vif-au-coeur-tendre/

Paix à l’âme de Farida Ayari. Son corps sera rapatrié pour être enterré à Tunis, selon les souhaits de la journaliste. Un hommage lui sera rendu lors de son enterrement.