Hanene Eleuch nous parle de la Palestine

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Créatrice de mode, animatrice télé, influenceuse, Hanene Eleuch a plus d’une corde à son arc. Même si ses activités professionnelles l’obligent à parcourir le monde, elle n’en reste pas moins une passionnée de voyages. États-Unis, Maldives, Panama, Jordanie, etc., cette jeune maman a visité pas moins de 55 pays. Pourtant, l’un d’entre eux l’a marquée bien plus que les autres : la Palestine. Entre la nécessité d’y instaurer un tourisme arabe, la triste réalité de la condition humaine, sa rencontrer avec le ministre des Affaires Religieuses ou encore l’impact que ce voyage a eu sur sa vie, Hanene Eleuch s’est livrée, sans artifice, à Femmes de Tunisie à propos de cette aventure humaine inédite.

La naissance du voyage

« Il y a quelques mois, deux Tunisiens m’ont contactée sur Instagram —tout en connaissant mon amour fou pour la Palestine — pour me dire qu’ils avaient une association (Peace & Trip) qui permet d’aider les Palestiniens à vivre de leur propre économie. Il s’agit de deux Tunisiens qui habitaient en France, qui ont tout laissé tomber et sont partis s’installer en Palestine. Cette association, en passe de devenir une agence de voyage, est en train de pousser les touristes arabes à visiter la Palestine. Nous nous sommes rencontrés une fois à Paris, ce qui nous a permis d’organiser un voyage. J’ai ensuite embarqué des amies avec moi et nous sommes parties en Palestine. J’y étais il y a deux ans avec des Palestiniens, et pourtant, ce n’était pas du tout le même type de voyage. Cette fois-ci, le but du voyage était, d’abord, de découvrir des parties différentes et profondes de la Palestine, de parler aux gens, d’avoir des témoignages. »

Booster l’économie locale

« On a visité de nombreuses villes, comme Jérusalem —qui est divisée en deux parties, est et ouest— ou Al-Khalil (Hébron). Mes chèches de toutes les couleurs, que je porte constamment, viennent de la dernière usine qui fabrique encore le chèche palestinien et tenue par un petit vieux de 80 ans. Aïcha, la présidente de Peace & Trip, permet d’ailleurs de booster l’économie locale en organisant des visites à l’usine pour de potentiels achats. Elle nous a également permis de visiter Jéricho qui abrite un magnifique site archéologique. Ce qui m’a néanmoins touchée le plus, c’est le camp de réfugiés, à Naplouse, qui date de 35 ans. C’est terrible. »

Éducation et dignité

« J’ai fait un épisode de Kids Dream en prenant trois enfants de martyrs ou orphelins de l’un des deux parents, jamais sortis de ce camp. Leur rêve était d’en sortir car même leur école y est. Le but de l’épisode était de les faire venir en Tunisie 1 semaine pour passer du temps avec les enfants tunisiens. J’ai donc rencontré des familles et j’ai remarqué que personne ne demandait rien du tout. Ils dorment par terre et n’ont rien mais ils ont gardé une incroyable dignité. 97% de la population palestinienne va à l’école. Tout le monde lit beaucoup, est instruit, éduqué et très cultivé. En nous arrêtant au café du coin, un monsieur de 40 ans nous avouait n’avoir visité qu’une seule fois la mosquée al-Aqsa alors qu’il n’est qu’à 15 minutes de voiture. C’était très émouvant. Tu reçois l’injustice en pleine figure. Latifa, de Naksha Handcarfted, pleurait du matin au soir ! »

La nécessité d’un soutien de taille

« Nous avons également visité le musée Yasser Arafat et le bunker gardé intact, à Ramallah. Grâce à Aïcha, nous avons pu rencontrer le ministre des Affaires Religieuses, Mahmoud al-Habash. Un homme incroyable qui ne demandait qu’une seule chose : qu’on ne les oublie pas et que les gens aillent les voir, pas uniquement la presse. Ils ont juste besoin d’un soutien. Plus tard, quand le Président a appris que j’adorais la Palestine et que j’allais faire une émission spéciale, il a demandé à me voir. C’est aussi simple que ça car il y a zéro touristes. Même dehors, les habitants étaient très étonnés de réaliser que nous étions arabes. Ils pensaient que nous étions des colons. C’est fou ! Désormais, Peace & Trip veut vraiment pousser le tourisme arabe et inciter les gens à ne plus se limiter à Bethléem ou la Palestine mais à visiter d’autres endroits comme Naplouse ou Ramallah. Ils sont vraiment seuls, coupés du monde, comme en Cisjordanie. »

L’après-voyage

« On ne peut rentrer indemne d’un tel voyage. Quelque chose a changé. Je ne sors plus même si les strass et les paillettes, on vit dedans. La Palestine est un pays magnifique. Via l’association, on organise donc un voyage touristique d’une semaine pour le mois d’avril, d’abord pour les passeports européens, mais aussi pour les passeports arabes. Ce sera un petit peu plus compliqué pour ces derniers mais ça va se faire. On espère donc que le bouche à oreille fonctionnera et que les gens se demanderont pourquoi ils devraient aller à Miami alors qu’il y a la Palestine et que c’est, en plus, un voyage solidaire. J’ai visité 55 pays et je peux dire que c’est mon plus beau voyage. »

 

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