Un sentiment de panique et de polémique accompagne la médiatisation des données concernant la grippe de cette année. Mais revenons aux évidences et faits en questions-réponses et chacun est libre de paniquer s’il est de nature angoissée ou de s’en détourner s’il est plutôt épicurien.

Question 1 : Pourquoi on note une forte médiatisation cette année ?
Parce que le ministère de la Santé a mis en place en collaboration avec l’OMS un système de surveillance de la grippe comprenant 133 structures sentinelles périphériques,
3 structures centrales (la Direction des Soins de Santé de Base et l’Observatoire des Maladies Nouvelles et Émergentes pour la surveillance ; et le SHOCROOM pour la notification des décès) et un laboratoire national de référence pour la confirmation virologique. Les données sont donc fiables et peuvent donc être médiatisées.

Question 2: Est-ce qu’on peut parler d’une épidémie de grippe ?
Les virus de la grippe, notamment le H1N1, sont en circulation et les syndromes grippaux représentent actuellement environ 7% des consultants dans les structures sentinelles. Pour parler d’épidémie, il faut dépasser le seuil de 10% dans au moins 10 gouvernorats du pays.

Question 3: Est-ce que la grippe de cette année est plus sévère que les autres années ?
La vague de froid de cette fin d’année a favoriser la circulation du virus H1N1 pmg09, qui est plus virulent que les autres mais les 10 décès confirmés par la grippe, tous H1N1, ont concerné des sujets ayant des maladies chroniques ou des femmes enceintes et un nourrisson ; qui sont des sujets a haut risque habituel.

Question 4 : Faut-il se vacciner contre le virus de la grippe ?

1. Pour les adultes de 16 à 65 ans sans maladie chronique et à l’exclusion des femmes enceintes, les différentes études ne montrent pas de bénéfice de la vaccination.
2. Pour les enfants de moins de 6 mois, la vaccination n’est pas efficace.
3. Pour les enfants de moins de 2 ans, le risque de formes graves est plutôt lié à un autre virus, le VRS. Donc les mesures d’hygiène sont extrêmement importantes pour se protéger de ce virus, ce qui protège aussi du virus de la grippe.
Pour les adultes et les enfants de plus de 6 mois ayant des maladies chroniques, les femmes enceintes et les sujets de plus de 65 ans, et malgré certaines controverses, le risque de complications et de mortalité, s’ils attrapent la grippe, justifie pleinement la vaccination.
4. Les femmes enceintes qui se vaccinent protègent aussi leurs nouveau-nés.
5. Les personnes projetant de partir à El Omra sont à plus haut risque d’avoir la grippe (concentration humaine) et qui se complique (fatigue, nutrition déséquilibrée, climatisation…). La vaccination est très recommandée et au plus tôt avant le départ.

Question 5 : Les risques du vaccin ?
Une rougeur, douleur et gonflement au point d’injection sont fréquents mais aucun risque de faire une grippe (vaccin inactivé) et il est très très rare d’avoir une complication neurologique réversible (Guillain-barré); un à 2 de plus pour un million de personnes vaccinées.

DONC : Il ne faut pas paniquer mais être conscient des risques pour certaines populations et les vacciner. ET LAVEZ-VOUS LES MAINS À L’EAU SAVONNÉE AVANT DE REMONTER VERS LA BOUCHE OU AVANT DE TOUCHER DES ENFANTS OU DES PERSONNES À RISQUE.