Focus sur les femmes du nouveau gouvernement, qui sont-elles? [Part II]

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Le nouveau gouvernement de Youssef Chahed mise sur la compétence des jeunes et des femmes. Du moins, c’est ce qui a été déclaré samedi dernier lors de la conférence de presse donnée par le premier ministre à l’occasion de l’annonce de la composition du nouveau gouvernement d’union nationale. 8 femmes et 5 jeunes de moins de 35 ans vont essayer de relever le défi de sortir la Tunisie de la crise. Pour Femmes de tunisie, nous retenons ce chiffre : 8 femmes ; 6 ministres et 2 secrétaires d’Etat dont une partie a déjà participé aux précédents gouvernements, à l’instar de Salma Elloumi, Samira Merai, ou encore Majdouline Cherni. Voici un focus-récap sur le parcours de ces dames, en attendant des rencontres et des interviews plus approfondies.  

Sayida Ounissi- Secrétaire d’Etat  à la Formation professionnelle chargée de l’Initiative privée

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 « Je suis satisfaite de faire partie d’une famille politique organisée, disciplinée, qui a une Histoire de résistance à la dictature qui lui fait honneur, et qui en plus, a cette tendance à ne pas avoir de problèmes à se remettre en cause et à apprendre de ses erreurs. » A 29 ans à peine, Sayida Ounissi, membre du parti Ennahdha, vient d’être nommée Secrétaire d’Etat  à la Formation professionnelle chargée de l’Initiative privée. Jusque là députée, la jeune femme a plaidé la nécessité du passage à un gouvernement politique et a voté pour le retrait de confiance au gouvernement Essid.

Titulaire d’une Bi-licence en histoire et sciences politiques de l’Université de Paris I – Panthéon Sorbonne, puis d’un Master en sciences politiques spécialité développement économique et social à la même université, Sayida Ounissi a fait ses études en France.  De l’école primaire et jusqu’au Doctorat en sciences politiques qu’elle prépare actuellement, Sayida évolue dans ce pays qu’on dit de droit.

Car pour échapper à la répression sous Ben Ali, les parents de la jeune femme quittent la Tunisie en 1993. Sayida n’a alors que 6 ans. Elle passera son enfance et une partie de son adolescence en France. Son premier retour en Tunisie, elle le fait en 2007, à l’âge de 20 ans. En tant que fille d’exilés politiques, elle est enfin autorisée à visiter le pays sur simple demande au consulat. Durant les quatre années qui précédent la révolution, Sayida apprend à connaître son pays. Et en 2011, elle s’installe en Tunisie au lendemain de la révolution et débute une thèse doctorale sur les politiques sociales en Tunisie avec le soutien de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain.

En multipliant ses actions associatives (Initiative of Change, une ONG Internationale qui promeut la paix et la bonne gouvernance), Sayida intègre la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organizations), une plateforme de jeunesse musulmane en Europe et en devient la vice-présidente, puis rejoint le centre d’analyse des politiques publiques Jasmine Foundation, basé à Tunis, en 2014.

La même année et à tout juste 27 ans, Sayida Ounissi est l’une des plus jeunes députées élues à l’Assemblée des représentants du peuple en Tunisie. De nombreuses commissions lui sont affiliées : la commission des martyrs et blessés de la révolution, celle de l’application de la loi de l’amnistie générale et de la justice transitionnelle et la commission spécialisée dans l’examen et le tri des dossiers de candidature à l’Instance supérieure indépendante pour les élections.

Complètement bilingue, Sayida Ounissi s’exprime aussi bien en français qu’en arabe et manie parfaitement les réseaux sociaux qu’elle utilise pour communiquer avec les partisans  d’Ennahdha mais aussi ses détracteurs.

Depuis le 20 aout 2016, elle est secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle chargée de l’Initiative privée et les plus sceptiques attendent d’elle une manière de faire différente de celle pratiquée par les membres d’Ennahdha jusque là.

Lamia Zribi- Ministre des Finances

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Lamia Zribi est la femme qui succède  à Slim Chaker au poste épineux de ministre des Finances.

Avec la crise financière qui touche actuellement la Tunisie, l’actuel premier ministre Youssef Chahed a décidé d’accorder sa  confiance à  Lamia Zribi, l’ancienne secrétaire d’état auprès du ministre du Développement, de l’investissement et de la Coopération internationale dans le 1er gouvernement de Habib Essid,  en la nommant ministre des finances.

Née le 29 juillet 1961 à Medjez El Bab (le gouvernorat de Béja), l’actuelle ministre des finances est une femme d’expérience. En effet avant sa nomination, Lamia Zribi était la  PDG de la Banque de Financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) et elle  a précédemment occupé le poste de  PDG de Tunisia TradeNet (NNT), une entreprise sous la tutelle du ministère de la finance.

La mère de deux enfants était aussi la directrice générale des prévisions au sein du ministère de Développement et la  Coopération internationale sous le régime de Ben Ali.

Mis à part ses expériences professionnelles assez impressionnantes, Mme Zribi  est titulaire d’une maîtrise en sciences économiques  de la faculté de Droit et des Sciences Politiques et Economiques de Tunis  (1983), ainsi que d’un diplôme de fin d’études supérieures de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) obtenu en 1993.

La ministre des Finances aura la lourde tâche de sortir la Tunisie de la situation difficile dans laquelle le pays se trouve.