Festival du Rire 2020 : Bun Hay Mean séduit le public « tounsi »

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©Instagram aulnay_maville

Mardi 18 février, en ouverture du Festival du Rire, Bun Hay Mean a fait bondir sur leur chaise les spectateurs du Théâtre Municipal de Tunis. Fidèle à lui-même, l’artiste français de 38 ans, « adulte dans un corps d’enfant », a offert un one-man show dans lequel il déglingue tout et n’importe quoi.

Pendant environ 1h30, Bun Hay aborde des thèmes récurrents de son univers, le sexe, l’homophobie ou encore la misogynie, tout en évoquant des anecdotes personnelles, le tout teinté d’humour et d’émotions. L’artiste d’origine cambodgienne a également « essayé de déconstruire tous les clichés qu’il y a sur les Asiatiques » ainsi que sur les musulmans (« Rachid, comme son nom l’indique, il égorge des moutons »).

Avec un look pétillant composé d’une veste jaune Dragon Ball Z, Bun Hay Mean fait vivre son texte sur scène avec fluidité et sans aucun temps mort. L’artiste bordelais arrive à raconter une blague bien épicée, fusiller les Algériens (« Moi je veux bien me calmer sur eux si eux se calment d’abord »), parler de son allergie (psoriasis), évoquer la tétraplégie de son frère ou révéler la somme de ses impôts tout en rotant ou simulant une masturbation.

Un public « tounsi » conquis

Après s’être produit en Algérie et au Maroc, Bun Hay Mean a donc tenté, pour la première fois, de séduire le public « tounsi » comme il le dit. Pour ce show, l’humoriste a donc eu le temps d’adapter son texte à la sauce tunisienne en utilisant des gros mots tunisiens, comme le terme péjoratif désignant un homosexuel, ou en s’attaquant à Tunisair (7 heures de retard) et au public « presque à l’heure » pour le spectacle. On regrettera toutefois l’absence du sketch —même s’il est vieux— sur les quartiers gay dans chaque pays (« Tunis, Tunis »). Peu importe. 

Comme d’habitude, sa « j’m’en bas les couilles » attitude avec un look savamment « négligé » est de mise, notamment en parlant des messages reçus de la part de Tunisiens lui demandant de ne pas s’autocensurer.

On notera également son incroyable mémoire des prénoms du public, comme celui d’Anas, de Mohamed ou de cette pauvre Myriam qui en a pris pour son grade. Un public conquis et dont une bonne partie est restée en « after » pour lui poser, à sa demande, quelques questions. C’est le triomphe du « Chinois marrant ».