Médias et blogueuses ont été invités jeudi 18 mai à assister à une table ronde animée par Amel Smaoui et organisée par la galerie Musk and Amber en marge de la Fashion Week Tunis 2017. Nous avons ainsi eu l’honneur de discuter de l’artisanat et du design en Tunisie avec des invités de marque à savoir Lamia Ben Ayed, propriétaire de Musk and Amber, Shourouk Rhaiem, créatrice de la marque de bijoux de luxe « Shourouk », Kaouther Maâmouri, fondatrice de « El Hanout », Myriam Naili, créatrice de la marque de sacs « Nina.L », Amel Gaâloul, initiatrice du premier marché des créateurs en Tunisie « El Bazar » et Mariem Besbes, designer textile (haïk), toutes en présence de deux invités d’honneur : Sarah Beydoun, créatrice libanaise de « Sarah’s Bag », marque de sacs et d’accessoires de luxe et Bela Louloudaki, créatrice de bijoux de luxe.

Toutes les intervenantes ont pointé du doigt un artisanat en perte de vitesse et un savoir-faire qui tend malheureusement à disparaître. Shourouk Rhaiem a même parlé du manque de motivation des jeunes pour le travail artisanal.

Exploiter le patrimoine et s’en inspirer

De Kaouther Maâmouri à Shourouk en passant par Myriam Naili et Mariem Besbes, nos créatrices puisent leur créativité dans notre patrimoine. Pour elles, patrimoine, créativité et savoir-faire sont indissociables. Il faut aller à la rencontre des artisans, s’inspirer de leurs différentes expériences et essayer de créer à travers des techniques qui existent. Mais il est tout aussi important d’être un citoyen du monde avec des références culturelles multiples, de s’affranchir des idées préconçues et de réinterpréter les choses.

Pallier le manque de créativité en encourageant l’innovation

Si pour la plupart des intervenantes, le plagiat peut booster les créateurs à aller de l’avant dans l’innovation, ce sont les créations folklorique et la qualité du produit fini qui menacent notre artisanat. Pour Lamia Ben Ayed, il est difficile pour certains designers de faire de beaux mélanges et de donner l’accent au patrimoine sans tomber dans le folklorique et d’ajouter : »Il y a encore à faire. Il faut encourager les designers et apprendre aux jeunes artisans à regarder le produit fin. Nous avons un grand patrimoine artisanal mais il faut faire en sorte qu’on ne s’en lasse pas« . Pour Mariem Besbes, il faut consolider le lien complice qu’ont les créateurs avec les artisans en plus d’être à contre-courant afin d’offrir un produit innovant.

Pour Sarah Beydoun, il est important d’adapter ses créations au marché local. « J’aime exploiter le patrimoine mais quand j’étais à Paris, j’ai compris qu’il s’agissait d’un autre marché. J’ai alors créé à travers un thème en utilisant les mêmes techniques artisanales pour créer quelque chose de plus moderne« .

Une chose est sûre, nous avons un grand patrimoine artisanal et culturel à exploiter. Il faut juste se donner les moyens et croire en notre potentiel créatif.

 

 

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?