Plusieurs arrestations pour détention de drones ont été enregistrées ces derniers temps en Tunisie. En effet, le ministère de l’Intérieur n’hésite pas à partager sur ses pages différents articles se référant à l’arrestation de jeunes en possession d’un drone ou qui ont eu l’intention d’en vendre. En cause, un arrêté du 6 avril 1995 auquel se réfèrent encore les autorités locales afin de parer aux risques sécuritaires et d’atteinte à la propriété et à la vie privée. Une loi jugée obsolète aujourd’hui compte tenu de l’utilité de ces appareils et de l’explosion de leur utilisation dans le monde. De plus, la délivrance d’autorisation s’apparente à un parcours du combattant. Il faut savoir que pour faire la demande d’un drone, il faut passer par 4 ministères : celui de la Défense, de l’Intérieur, de l’Equipement et de l’Habitat et enfin, celui du Transport ! Ensuite, il faut une homologation du Centre d’études et de recherche des télécommunications en justifiant la nature de l’activité en plus d’autres formalités administratives.

Face à cette campagne féroce contre les détenteurs de drones et la complication des procédures administratives, plusieurs campagnes ont été lancées. L’année dernière par exemple, la campagne #sayeb_el_drone avec pour slogan « Celui qui a un drone n’est pas un terroriste » a eu beaucoup de succès sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, c’est un jeune homme passionné de photographie qui lance une pétition en ligne afin de légaliser les drones chez nous.

En effet, Youssef Bach Hamba pense que cette interdiction est une entrave à la liberté d’expression pourtant clairement défendue dans la nouvelle constitution. Pour lui, les drones sont un moyen d’expression comme un autre. Pourquoi alors ne pas les utiliser pour faire la promotion de nos sites archéologiques (tourisme) par exemple ou encore la couverture d’événements sportifs et culturels pour ne citer que ceux-la.

« Les drones peuvent être utilisés dans l’audiovisuel, aussi pour faire de belles prises de vue par les photographes professionnels et amateurs. Ils peuvent également être utilisés dans le secourisme, l’agriculture, l’urbanisme, etc. Pourquoi en limiter l’usage alors qu’ils sont très pratiques? De plus, si un terroriste a vraiment envie de s’en procurer, il peut très bien le faire même si les contrôles sont sévères. Et puis, je pense que les lois ne sont pas figées et qu’elles peuvent évoluer. Celle de 1995 doit être revue tout en définissant des règles claires pour ne pas porter atteinte à la vie privée d’autrui, tout comme les règles qui régissent la possession d’arme en période de chasse. » conclut le jeune homme.

Espérons que sa demande trouve écho auprès des autorités.