VIDÉO Quand L’Emission (Attessia) exorcise un « fan » de Metallica…

0
2408

« Et si tu crois que c’est fini… jamais ! C’est juste une pause, un répit« . Cet extrait du duo de Garou et Céline Dion tombe à pic pour décrire le cirque sans fin de « L’émission », programme diffusé chaque mercredi et samedi sur la chaîne tunisienne Attessia. Après avoir fait croire, il y a quelques mois, que Mariem Dabbegh, une des chroniqueuses, avait été grièvement blessée lors du tournage – chose extrêmement grave -, Amine Gara et son équipe ont tenté de réitérer le buzz par une séance d’exorcisme sur le plateau. Analyse d’un grand n’importe quoi d’une télévision fake qui s’engouffre chaque jour un peu plus dans les abysses de la médiocrité.

L’exorciste en tenue de guerre

Amine Gara accueille un certain Ferid ben Salha qui ne se décrit ni comme un « expert » ni comme un « spécialiste ». Non, pas du tout. Ce charmant monsieur, paré en tenue de combat avec son t-shirt vert militaire, aurait vécu dans son enfance des expériences au-delà du réel avec le Djiin qui aurait eu l’habitude de lui susurrer plein de vilaines choses ! Ferid nous révèle ensuite l’omniprésence du Djiin sur le plateau de L’émission et son côté inoffensif – parce que le Djiin est une « personne ordinaire » ; les plans serrés sur les chroniqueurs s’enchaînent alors pour donner un côté dramatique à souhait. Tremblez, le diable est parmi nous !

Quel chroniqueur est possédé ?

Alors que Ferid Ben Salha tente de donner plus détails sur la mythologie du Djinn, l’exorciste est vite coupé par Amine Gara qui lui demande ne pas perdre de temps et de nous dire qui, sur le plateau, est possédé par le diable. Les deux mains posées sur un ventre au stade d’accoucher du Djiin, Ferid répond que Chamseddine Bacha – qu’il n’arrive pas à nommer (non mais qui ne connaît pas le chanteur tunisien ?) – et Faiza Mahersi « pourraient » l’être. Cette dernière, dont le salon est fait de noir et de rouge, habillée également en noir ce soir-là, se voit conseiller l’abandon de ces couleurs car certains Djiins adorent ces couleurs. Mais oui, bien sûr !

Faiza aurait également attiré le Djiin après avoir brisé un miroir il y a quelques années. Oui, le diable se nourrirait de personnes narcissiques aimant leur reflet dans le miroir. C’est bien connu tout ça… mais oui mais oui… On en déduit donc que la chanteuse tunisienne, fan du noir, s’aime un petit peu trop ? Hormis Faiza et Chamseddine, aucun(e) autre chroniqueur/chroniqueuse n’est possédé(e). Selon une certaine « logique », la femme voilée ne pourrait évidemment pas l’être.

Le papa moralisateur

Vient ensuite le tour du public. Tel un gourou parmi ses fidèles, Ferid ben Salha commence à scanner les personnes ne faisait pas partie de l’émission. Il se met à alors à parler à une lycéenne en rappelant qu’elle avait franchi l’interdiction de sa mère de se rendre au lycée avec « ce » jean’s. « Regarde ma fille, si tu écoutes ce que [les djiins] te disent, tu cours à ta perte », lui a-t-il lancé tel un grand frère moralisateur. Si une adolescente s’obstine à porter tel ou tel vêtement, c’est donc forcément sous l’influence du diable. D’un coup, des personnes du public se mettent à crier. Personne ne comprend rien. En réalité, le cirque a commencé avec un jeune homme assis présenté comme possédé. En se mettant à marmonner quelque chose, sa voisine se lève subitement entraînant d’autres personnes avec elle. Le diable est parmi nous : faisons-le sortir d’ici !

Le (mauvais) cinéma du possédé

La séance d’exorcisme va bientôt commencer. En attendant, le jeune possédé, très mince et habillé comme par hasard d’un t-shirt avec le logo du groupe Metallica et d’une tenue en rouge et noir, fait son cirque en se roulant par-terre. Comme par hasard, aussi, le diable en entré en lui alors qu’il était dans cette émission. Quelle incroyable coïncidence ! Ah, ça tombe bien car il est alors soit-disant maîtrisé par son futur exorciste et quelques hommes à la forte testostérone. Heureusement qu’ils sont là sinon le plateau aurait été détruit en mille morceaux par une personne qui n’aurait même pas pu tuer un moustique ! Pendant six longues minutes, noyé dans les cris du public, le méchant fan de heavy metal fait son cinéma en poussant quelques cris et en pointant certaines personnes du doigt. À la fin, Ferid ben Salah arrive à l’exorciser. Le « patient » se lève presque en forme en faisant un push-up et s’en va. Merci au revoir. Tout va bien. Comme dirait Valérie Trierweiler, « merci pour ce moment »… de médiocrité télévisuelle.

La vidéo :

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer