Être ado en Tunisie et ne pas être sur Facebook, c’est possible ?

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Je m’appelle Emilie Lehanneur, je suis en 3ème  et je vis en Tunisie depuis 3 ans. Le phénomène Facebook est quelque chose qui me surprend beaucoup et qui m’interpelle.

Facebook, aujourd’hui, est comme une norme imposée au collège ou au lycée. C’est « normal » d’y être car tout le monde est connecté, tous tes amis y sont … C’est aussi compliqué de ne pas l’avoir, non seulement tu t’isoles mais en plus tu perds de l’information par rapport à ce qui ce passe à l’extérieur, dans ta ville, dans ton lycée ou même dans ta classe !

Sur Facebook, on retrouve souvent une sorte de compétition qui porte sur le nombre d’amis que tu as, et détermine si tu es une personne « populaire » ou une « no life ». Mais au final, est-il bien d’avoir des milliers « d’amis » virtuels ou au contraire est-ce parce qu’on en a peu réellement dans la vie courante ?

Il y a plusieurs bonnes raisons d’être connecté sur le réseau social. Tout d’abord, les informations que tu y trouves; avec tes amis tu peux échanger de nombreuses choses (les cours, les potins, les soirées …) mais tu peux aussi retrouver des sujets d’actualités qui font le buzz. Mais il faut également se méfier car même si Facebook permet de récolter une masse d’informations, il y a très souvent le problème de la véracité et de la vérification de cette nouvelle. Ensuite, il y a d’autres renseignements qui circulent et qui sont beaucoup moins importants ; tu peux facilement savoir ce que tes amis ont fait ce week-end, ce qu’ils ont mangé hier soir ou même ce qu’ils ont prévu de faire demain… c’est passionnant… mais au final, ce type d’information que tu continues de regarder ne va rien t’apporter de nouveau et va te faire perdre du temps. C’est pour cela qu’il est important de faire le tri entre les vraies informations et les informations portant sur la vie de tes amis.

Facebook est aussi utile lorsqu’il s’agit de savoir quels devoirs sont à faire pour la semaine prochaine ou si le prof d’Histoire va donner un contrôle surprise car la plupart de tes camarades de classe ont Facebook et peuvent te renseigner plus facilement. En outre, les cours et les devoirs sont des arguments très efficaces pour pouvoir te justifier auprès de tes parents lorsque tu veux passer du temps sur l’ordinateur mais on sait tous que c’est plutôt tout le reste qui t’importe (ce que les gens aiment ou n’aiment pas, comment ils vivent, quels sont leurs amis, ce qu’ils partagent …)

Au cours de la révolution tunisienne, Facebook a été très important (ce qui explique la grand nombre de tunisiens qui y sont inscrits). On parle d’ailleurs de « révolution Facebook » car avant la presse était très contrôlée et Facebook a été utilisé pour contourner la censure et la propagande qui dominaient dans les médias traditionnels. Ce réseau social a permis de faire circuler de nombreuses informations comme des manifestions dans les rues. Même depuis la France, grâce à Facebook on était au courant de tous les évènements.

L’engouement pour Facebook en Tunisie n’est pas le même en France. Lorsque j’étais en 6eme en France, seulement 2 élèves sur 30 avaient Facebook alors que lorsque je suis arrivée ici en Tunisie, seulement 10 élèves de la classe ne l’avaient pas ! Cela m’a beaucoup surpris au départ et j’ai compris ensuite que Facebook était important ici  et qu’il était devenu  une sorte de culture avec la révolution.

Par Emilie Lehanneur (stagiaire)

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