Entretien avec l’artiste Kaouther Titch

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Artiste autodidacte au parcours singulier, passionnée par les musiques du monde et les minorités culturelles, Kaouther Titch explore à travers « la route de l’encre » un univers artistique à mi-chemin entre la poésie et l’ « abstraction figurative ».

Votre parcours professionnel est assez atypique, pouvez-vous nous le raconter ?

Mon parcours professionnel se situe comme une sorte de cheminement immersif dans l’univers de la Justice et du Droit, que j’ai toujours mené en parallèle avec mon désir de m’imprégner culturellement de diverses disciplines artistiques, dont la musique et les arts plastiques …

Comment a débuté votre passion pour l’art ?

En fait, depuis mon jeune âge, je n’ai jamais cessé de dessiner pour mon plaisir personnel en autodidacte… J’ajoute que j’ai toujours fréquenté avec assiduité les espaces d’art entre galeries, théâtres et musées…

Quel est le lien entre la poésie et la peinture ? Comment passe-t-on de l’écriture à l’art graphique ?

À mon humble avis, le fait de peindre ou bien d’écrire est probablement le résultat d’une interaction mentale que certains penseurs appelleraient «intersignes», au sens d’une poétisation naturelle de la pensée.

C’est votre deuxième collaboration avec l’artiste Mahdaoui. Comment influence-t-il vos oeuvres ?

Permettez-moi de préciser que ma récente exposition chez Ghaya Gallery, intitulée « la route de l’encre », est le fruit d’un travail personnel et non pas une collaboration pratique avec le plasticien Nja Mahdaoui, lequel a consenti à préfacer mon catalogue, en accord avec la Galerie. Il me paraît plus juste de parler d’inspiration et non pas d’influence, car l’affinité esthétique, entre mon écriture poétique et la peinture de Nja Mahdaoui, furent la symbiose de créations individuelles.

Rappelons que nous avions présenté cette collaboration artistique dans un livre intitulé KUN paru aux éditions Simpact.

Quelles sont vos inspirations artistiques? Avez-vous des maîtres à penser ?

Entre autres passions dans le domaine des arts visuels, je cite le peintre Pierre Soulage, l’artiste Richard Serra, le poète peintre Jean Arp, le Tunisien Nja Mahdaoui, l’Irakien Dia Azzawi, le sculpteur iranien Parviz Tanavoli

Si vous deviez définir votre art en quelques mots ?

À l’instar de mes créations poétiques, j’élabore plastiquement mes travaux, suivant une rythmique abstraite que je structure entre la gestuelle du signe informel et la fusion des encres en concrétion infinie, c’est ce que je considère comme un processus créatif en devenir…

Quel est votre processus créatif ? La mouvance de l’encre est au coeur de vos oeuvres, selon vous quelles sont les subtilités de de cet outil ?

Comme j’ai toujours adoré écrire, j’ai toujours été fascinée par la magie de l’encre qui transfigure le monde infini de l’imaginaire …

Est-il plus difficile de travailler avec de l’encre qu’avec de la peinture ?

Plongée dans la quête passionnante de l’encre, je ne puis disserter sur ce qui différencie les ingrédients des deux potentiels essentiels de l’art visuel…qu’après une longue expérience …

Et pour finir, quels sont vos futurs projets ?

Comme le rideau vient d’être tiré sur ma dernière exposition chez Ghaya Gallery, dont je suis fière et satisfaite, je me résigne à une méditation spirituelle d’auto-critique et d’analyse fondamentale…

Propos recueillis par Noémie Zyla.

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