Entretien avec Lamiss Kerkeni, coach sportif

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Jeunes mamans, cette interview va beaucoup vous intéresser. Et pour cause, nous vous présentons aujourd’hui celle qui sera bientôt votre meilleure amie virtuelle, votre coach sportif, celle dont les écrits, les conseils, les exercices deviendront votre allié beauté, forme et bien être. Lamiss Kerkeni a réussi pour vous (mais surtout pour elle) l’un des plus grands challenges d’une jeune maman : retrouver et se réapproprier son corps d’avant grossesse. Depuis, la jeune femme a décidé de communiquer son expérience agrémentée de précieux conseils et ce pour aider toutes les femmes, qu’elles soient mamans ou pas, à voir dans le miroir la femme qu’elles ont toujours voulu être. Interview :

Femmes de Tunisie : Présentez-nous votre parcours ?

Lamiss Kerkeni : Diplômée de HEC Montréal et de l’Ecole Nationale d’Administration Publique de Montréal, je suis gestionnaire, consultante en stratégie et surtout maman d’un bébé Red Bull de 19 mois. Je vis entre Tunis et Montréal et j’ai 3 grandes passions dans la vie, mon fils, le sport et l’écriture.

F.D.T : Quel genre de femme étiez-vous avant de mettre au monde votre enfant ?

L.K : Indépendante, rebelle, déterminée, très bordelique, aimant les défis, plutôt mince. Très sportive durant mon adolescence, modérément sportive jeune adulte.

F.D.T : Comment avez-vous vécu votre post-grossesse ?

L.K : Très mal. On ne nous prépare pas à être maman (du moins, moi je n’étais pas prête). On le devient, du jour au lendemain. Ca nous tombe dessus et nous n’avons pas le droit à l’erreur. Outre les douleurs et bouleversements physiques, notre rapport à notre corps change. Il n’est plus totalement à nous, surtout lorsqu’on allaite. Personnellement, j’étais submergée d’émotions, de stress et de douleurs en tout genre. Il m’a fallu des mois pour récupérer des 14 heures de travail en salle d’accouchement. De plus, je devais me réapproprier ce corps qui, avec une prise de près 25 Kg, avait complètement changé. J’étais partagée entre le bonheur d’avoir ce magnifique bébé dans les bras et le fait de devoir vivre avec cette nouvelle silhouette à laquelle je n’étais pas habituée et que j’avais du mal à considérer mienne.

F.D.T : Du coup, comment vous vous êtes prise en charge ? Quel programme avez-vous appliqué ?

L.K : Pour moi, il était évident que je devais très vite me prendre en charge. J’avais pour objectif de retrouver ma silhouette pré-bébé au plus vite. Ma nature rebelle refusait de se résigner au schéma, malheureusement très commun, surtout dans notre culture, de ‘’je deviens maman, je prends de poids, je me laisse aller et je m’oublie’’…Non nonnon, je ne voulais pas de cette fatalité. Dès les premiers jours qui ont suivis l’accouchement, je me suis mise à surveiller mon alimentation. Je mangeais très bien, particulièrement sainement (car les derniers temps de la grossesse, je m’étais beaucoup laissée aller) en coupant sur tout ce qui n’était pas nécessaire (sucre et gras). Je me suis remise à l’activité sportive dès l’obtention du feu vert de mon gynécologue. Je ne vais pas vous révéler tout de suite le détail du programme suivi, celui-ci fera l’objet de prochains articles, mais en résumé retenez que ces choses-là ne se font pas du jour au lendemain. C’est un processus, un état d’esprit, je dirais même une thérapie en soi. Sachez juste qu’avant, j’étais simplement sportive et qu’aujourd’hui je suis en passe de devenir coach sportive.

En bref, avoir un bébé est pour moi une véritable bénédiction. Mon fils est ma motivation. Depuis sa naissance, je fais des choses que je croyais ne plus avoir le temps de faire ou ne plus pouvoir faire. Tout est une question de volonté, d’organisation, de discipline et de détermination.

F.D.T : Comment vous ai venu l’idée de partager votre expérience avec les Tunisiennes ? Qu’est-ce que vous avez de plus à leur apporter ?

L.K : Complètement par hasard, après avoir partagé une photo de ma silhouette après un an de l’accouchement. J’ai reçu une avalanche de messages de la part de jeunes femmes/mamans me demandant des conseils, des trucs ou simplement du soutien pour les encourager à retrouver la ligne ou à se prendre en main. Sincèrement, je ne m’attendais pas à ça et je me suis rendu compte combien ces jeunes femmes avaient besoin de s’identifier à quelqu’un de totalement normal.

Une personne qui ne soit pas une star ou une personnalité, une jeune femme comme elles, qui parvient à réaliser ce qu’elles ont envie de réaliser et qui leur semble si difficile. Des semaines après le partage de cette photo, je continue encore aujourd’hui à recevoir des messages et des appels. C’est très encourageant pour elles et aussi pour moi. Il me fait plaisir de leur répondre et de contribuer à déconstruire l’idée qu’avoir un enfant, c’est la fin de quelque chose. Avoir un enfant, c’est le début de tout et on peut être aussi belle, féminine, heureuse et épanouie dans la vie. Je crois que c’est justement ce que je peux leur apporter. Du moins si je parviens à faire germer cet état d’esprit chez quelques fatalistes, je serai amplement satisfaite!

@Crédits Photos: Mekki Dimassi