El Jem 2019 : la magie de la musique et de l’amitié viennoises illuminent le Colisée

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C’est une longue histoire d’amitié qui fut célébrée en ce soirée du samedi 3 août au Colisée d’El Jem. Pour son 20e passage, l’Orchestre du Bal de l’Opéra de Vienne retrouve son public de mélomanes du Festival International de Musique Symphonique d’El Jem.
Soirée de grande affluence, après un deuil national d’une semaine, les Tunisiens et de nombreux touristes ont rempli le Colisée, arène et gradins combles.

À 22 H, tout commence : apparition en fond de scène sur un écran géant du Feu le président de la République défunt. L’orchestre s’installe et, comme un ultime salut, commence à jouer la célèbre sérénade Une Petite Musique de nuit de Wolfgang Amadeus Mozart que le génie a composé suite à la perte tragique de son père.

Vient la joie, après la peine : l’orchestre se lance sous la direction de Uwe Theimer dans une course joyeuse et entraînante avec l’ouverture de La vie Parisienne de Jaques Offenbach. Ensuite, c’est le baryton Till VonOrlowsky qui entonne le premier air de la célèbre opérette de Carl Millöcker. Avec son air enjoué d’un jeune dandy de la belle époque et sa voix chantante à la fois souple et puissante, le baryton a entrainé dans son monde d’opérette gaie et légère un public déjà conquis. Arrive après la soprano hongroise Brigitta Simon qui fit son apparition vêtue d’une robe de bal élégante et raffinée pour chanter Il Bacio de Luigi Arditi.

Les musiques viennoises légères et entraînantes se sont enchaînées pour laisser place aux  incontournables marches et valses Mon Autriche de  Franz Von Suppé et Enfants de village de Emmerich Kalman ainsi que des airs d’opérettes chantés par le baryton et la soprano qui excellent dans Quand deux s’aiment, duo de l’opérette Les rétameurs de Franz Lehár. Les Roses de Vienne, célèbre valse  de Wolfgang Jelinek, marquera la fin de la première partie de soirée.

La seconde partie est entamée par la célèbre Marche de cirque de Robert Stolz. Impossible d’imaginer un programme de l’Orchestre du bal de l’opéra de Vienne sans la dynastie des Strauss. D’abord une valse de Johann Strauss fils avec Roses du sud ensuite une œuvre des frères Johann et Josef StraussPolka pizzicato.

Après quelques airs d’opérettes (Quand je vais au cirque, Chanson Vilja – extrait de La Veuve joyeuse – de Franz Lehár puis Salomé de Robert Stolz), la musique reprend ses droits dans la joie et l’entrain des polkas de Johann Strauss fils (À la chasse) et un dernier duo Allons à Varasdin, duo de l’opérette Comtesse Maritza d’Emmerich Kalman.

Le programme ne s’arrêtera pas toutefois à ce qui était prévu : le chef d’orchestre et grand ami de son public d’El Jem a réservé plein de surprises. Une version orchestrale originale et subtile de Bent Echalabiya de Fairuz a enchanté le public et donné suite à la sublime valse Le Beau Danube bleu. Le public, qui s’est parfois difficilement retenu de valser, faute de place, a eu le plaisir de voir danser le couple de solistes sur la scène dans une valse minutieusement conduite et sans faux pas.

Pour finir, Uwe Theimer a offert un incontournable de la musique viennoise et un final traditionnel des concerts de l’Orchestre de Bal de l’opéra de Vienne à El Jem, la célèbre Marche de Radetzky. Comme un clin d’oeil amical avec un Uwe Theimer expressif et joyeux, dirigeant tantôt son orchestre tantôt le public. Ovation debout, le public nombreux et transporté a acclamé tant la prestation exceptionnelle que la sincérité amicale de l’orchestre et des solistes. Plus qu’un concert, un rendez-vous amical que le festival et  l’Orchestre du Bal de l’Opéra de Vienne ne manqueront certainement pas l’année prochaine.

Le Festival International de Musique Symphonique d’El Jem se poursuit avec encore deux dates, le mardi 6 août pour l’opéra Énée et Didon et le vendredi 9 pour le concert final Mozart entre deux rives.

Selon communiqué.

Photographies : Khaled Elhaj