La deuxième édition du Festival Disney Tunisie s’est déroulée du 23 au 25 novembre dernier. Au programme : deux avant-premières exceptionnelles (Ralph 2.0 et Casses-Noisettes et les quatre royaumes), des projections de films Disney pour tous les âges, deux concerts de musique, une table ronde, des visites dans des hôpitaux et chez SOS Village. Durant ces quelques jours, le président pour la France, le Maghreb et l’Afrique francophone de la Walt Disney Company était présent. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions.

Femmes de Tunisie : Vous êtes à la tête de la Walt Disney Company France depuis presque 10 ans, et depuis 2 ans vous êtes également le président de la partie Maghreb et Afrique francophone. Quelle est la particularité de cette région par rapport à la France et au Benelux ?

Jean-François Camilleri : Dans les pays comme la France, la Belgique, les Pays-Bas ou le Luxembourg, l’entreprise Disney est déjà présente depuis plusieurs décennies, que ce soit à travers les films, les magazines, les chaînes de télévision, etc. On peut dire que ces marchés-là sont murs. Nous n’avons pas besoin d’y créer notre notoriété et d’expliquer qui nous sommes. Le consommateur de ces pays-là connaît quasiment tout ce que nous faisons.

Par contre, en Tunisie, au Maroc, en Algérie, en Côte d’Ivoire et tous les pays d’Afrique francophone, il n’existe que très peu de choses relatives à Disney. Pour de nombreuses régions, il n’y a pas de sorties cinéma, pas assez de salles de cinéma, pas de concerts Disney, pas de chaîne dédiée… Le terrain est donc relativement vierge. Alors nous essayons de faire de nouvelles choses, de créer de la notoriété autour de nos personnages, de présenter de vrais dérivés et non de la contrefaçon, mais aussi d’intéresser le public.

F.D.T : Quel est votre bilan au bout de ces deux années ?

J.F.C :Le bilan est positif dans certains pays, tels que la Tunisie, le Maroc ou la Côte d’Ivoire. Mais il y a encore des Etats où nous ne sommes pas encore allés (le Tchad, le Niger, le Burkina Faso…). C’est notre deuxième année en Tunisie à travers le festival Disney. Les gens comprennent ce que nous faisons. Nous arrivons à établir des partenariats avec le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Séniors, qui nous fait confiance. Nos films sont mieux exposés, nous avons fait un joli travail avec des marques comme Délice et Yamama pour l’affichage de nos personnages. Ca se développe bien.

F.D.T : La stratégie est-elle la même pour ces pays d’Afrique ?

J.F.C :La stratégie est la même oui, mais pas le travail qui doit être adapté à chaque pays. Par exemple, au Maroc il y a plus de grandes villes (Casablanca, Marrakech, Tanger, Rabat, Fès) qu’en Tunisie ou en Cote d’Ivoire où tout se passe à Abidjan par exemple. Les partenaires ne sont pas les mêmes. En Afrique subsaharienne, nous travaillons beaucoup avec la chaîne Canal Plus qui est absente du Maghreb par exemple.

F.D.T : Quelle est la stratégie de la Walt Disney Company dans la région ?

J.F.C : C’est celle de faire connaître tout ce que nous faisons à travers les moyens existants dans ces pays : les salles de cinéma, les radios, les magasins, les livres…Il faut donc connaître chaque spécificité et les forces de chaque pays. En Tunisie, nous travaillerons par exemple avec des marques comme Délice, Kiabi, les nouvelles salles Pathé, l’Agora, le Colisée…

Et pour faire tout cela, il faut passer par des événements comme le festival que nous venons d’organiser. Nous essayons aussi de rester très proches des enfants malades ou défavorisés, d’où notre travail avec les associations, notre présence dans les hôpitaux, nos visites (avec Mickey) et projections dans les centres comme le SOS Villages.

F.D.T : Vous avez mis en place « Disneynature », quel était votre premier objectif ?

J.F.C : Le premier objectif a toujours été de créer de l’émerveillement dans le cinéma en projetant sur grand écran toutes les histoires que peut nous raconter la nature. Nous travaillons avec les meilleurs réalisateurs pour cela, pour permettre aux amoureux de la nature d’être transportés et enchantés. Le summum ? De savoir que nous parvenons à créer des vocations chez des jeunes pour devenir vétérinaire, archéologue, chercheur, etc.

F.D.T : La deuxième édition du festival Disney Tunisie vient de se terminer. Quel est votre bilan?

J.F.C : Nous n’avons pas encore de chiffres pour cette édition. Mais je sais que c’était aussi bien si ce n’est mieux que l’année dernière. Pour la deuxième édition, il y eu toutes les maisons de culture des gouvernorats tunisiens qui ont projeté des films. Il y a eu deux avant-premières exceptionnelles, deux concerts au lieu d’un, la table ronde « Crois en tes rêves Princesse ». C’est sur, nous avons fait aussi fort que l’année dernière (20 000 spectateurs).

Table ronde « Crois en tes rêves princesse »

F.D.T : Vous avez commencé par un festival en Tunisie, quelle serait la prochaine étape de Disney au Maghreb ? Une chaîne, une boutique ou un parc seraient-ils à l’ordre du jour ?

J.F.C :Non, pas de parc, ni de chaîne ou de boutique pour le moment. Ce qui nous importe c’est de travailler avec tous les partenaires (Darty-Fnac, cinéma Pathé…) pour qu’ils aient nos produits dérivés, mais aussi les produits tunisiens partenaires. Il y a plein de belles choses à faire au Maghreb ; des sorties de films certes mais on trouvera aussi des idées pour organiser des événements.

F.D.T : Cela fait 30 années que vous travaillez avec Disney, comment ce monde incroyable influe-t-il votre quotidien, votre vision des choses et votre rapport au rêve et au succès?

J.F.C :Il faudrait que je me mette sur un divan [Rires]. Ce qui est agréable, c’est de travailler dans une entreprise qui vend du rêve, qui parle à tout le monde, et plus particulièrement aux enfants. Cela nous oblige à rester en contact avec ce qui leur plaît. En 30 ans, j’ai pu voir comment évoluaient les loisirs des enfants. Avant, il n’y avait pas de digital, la concurrence était moins rude. Aujourd’hui, c’est tout un monde différent, mais ce qui reste intéressant, c’est qu’en  30 ans, nous avons toujours su nous adapter aux nouvelles envies et attentes des consommateurs.