On le savait depuis longtemps mais cette fois, les images sont devenues trop dures à supporter. En effet, tout le monde a au moins été confronté une fois à la réalité des hôpitaux de la capitale. On ne parlera pas des hôpitaux régionaux qui ont lancé un cri de détresse depuis des années mais plutôt des hôpitaux de Tunis à commencer par le CHU Charles Nicolle et de l’hôpital d’enfants de Bab Saadoun qui sont à quelques centaines de mètres du ministère de la Santé.

L’hôpital Charles Nicolle inondé !

Matériel indéfiniment en panne, ascenseurs qui ne fonctionnent pas, corps médical dépassé, grèves à répétition, pénurie de médicaments, mesures de sécurité inexistantes, manque d’hygiène…les conditions de travail et de prise en charge des malades sont dramatiques selon les médecins qui y exercent. Lors des dernières pluies, une vidéo a été postée sur Facebook pour montrer à quel point l’infrastructure au sein de l’hôpital Charles Nicolle est catastrophique. Les salles et les escaliers ont été inondés par les eaux de pluie, et on peut même voir un vieux brancard complètement usé par la rouille et une bouteille de soda en plastique (pas de poubelles?) joncher le sol.

المياه تغمر مستشفى شارل نيكول

المياه تغمر مستشفى شارل نيكول

Gepostet von ‎دلتا نيوز Delta News II‎ am Dienstag, 18. September 2018

Une situation dramatique à l’hôpital d’enfants de Bab Saadoun

Une autre vidéo a fait beaucoup plus de bruit depuis sa publication sur Facebook. On y voit un lit de bébé transporté par 6 personnes dans les escaliers faute de pouvoir utiliser l’un des trois ascenseurs qui sont tous en panne depuis des mois selon le médecin Aida Borgi qui filmait la scène. Le bébé venait d’être opéré sur le cœur et nécessitait un scanner en urgence, également en panne. Le corps paramédical a dû alors trouver un plan B afin de descendre les 2 étages et l’emmener à l’hôpital de la Rabta afin de terminer les soins.

Gepostet von Aida Borgi am Montag, 17. September 2018

 

Bien évidemment, et malgré l’interaction et l’indignation des internautes, rien n’a été fait et aucune mesure n’a été prise par les autorités concernées. On attend encore un communiqué du ministère de la Santé ou du moins, l’intervention du ministre qui devrait quitter son bureau pour se pencher sur l’état de nos hôpitaux.