Découvrez TUKKI, la marque d’accessoires à base de cuirs, tissus wax et sacs de riz recyclés

0
710

Le voyage, le mélange des influences, le goût des belles matières et un grain de folie ont conduit Azza Baaziz, jeune créatrice tunisienne, à faire naître TUKKI, marque d’accessoires qui mélange matières et couleurs afin de proposer des pièces uniques et faites à la main par des artisans sénégalais et tunisiens, à base de cuirs italiens, tissus wax et sacs de riz recyclés.

Femmes de Tunisie a posé quelques questions à la jeune femme derrière TUKKI, une marque à l’identité forte, qui allie plaisir du bel objet, conscience écologique et amour du voyage.

Femmes de Tunisie : AZZA Baaziz en quelques mots?

Azza BAAZIZ : Faites les choses avec passion ou ne les faites pas! Voici qui me caractérise plutôt bien. Mes plus grandes passions c’est les voyages, le cinéma et l’Art en général.

F.D.T : Racontez-nous votre parcours.

A.B : Alors, j’ai grandi entourée d’artistes avec des parents dans le domaine du cinéma. Ma mère m’a beaucoup inspiré car c’est une touche à tout, un peu comme moi.

Au lycée, j’ai eu la chance d’avoir une bourse pour partir étudier aux Etats-Unis au lycée dans le cadre du YES program, et cette expérience a changé ma vie. J’ai eu la chance de choisir la majorité de mes cours. Je me suis donc fait plaisir: Dessin, peinture, photo, joaillerie, sociologie.  Tout ce qui était créatif ou social me fascinait.

Plus tard, le bac en poche, je suis partie à Paris étudier les arts plastiques, ce qui m’a permis d’acquérir beaucoup de connaissances mais surtout d’aiguiser mon oeil et apprendre à regarder. J’ai ensuite bifurqué vers les langues en me spécialisant dans la culture et la communication à Barcelone.

Ensuite, de retour en Tunisie, avec une envie de travailler dans mon pays natal, j’ai fait plusieurs expériences, entre autres dans le journalisme et la communication.

J’ai ensuite eu l’occasion de partir au Sénégal, où j’ai été professeur d’anglais au lycée. Une merveilleuse expérience. Travailler avec des jeunes, ça motive! C’est là où j’ai créée ma marque TUKKI.

F.D.T : Parlez nous de comment TUKKI est née et de sa philosophie?

A.B : TUKKI ça veut dire voyage en wolof. L’aventure TUKKI a commencé à Dakar il y a 6 mois. C’est en me baladant dans les marchés de Dakar que j’ai vu ces magnifiques sacs de Riz avec des beaux dessins colorés et Kitsch, je me suis dit pourquoi pas en faire un produit plus élaboré avec un matelassage, du cuir et du wax. J’ai d’abord commencé par faire les sacs pour mes amis et petit à petit à vendre dans des concepts stores, tout cela en collaborant avec de merveilleux artisans. C’est un travail d’équipe.

F.D.T: Qu’est ce qui vous a donné envie de vous lancer dans ce domaine? 

A.B: A part le besoin de m’épanouir dans la création et l’entrepreneuriat, il y a tout d’abord un besoin de faire quelque chose pour aider cette planète. A ma connaissance, il n’y pas encore de marque en Tunisie soucieuse de l’impact environnemental et social. Les gens ne réalisent pas, mais le textile est la 2ème industrie la plus polluante au monde, juste après celle du pétrole.

Avec TUKKI j’aimerai lancer une initiative de « slow fashion ». Que cela provoque un débat chez les jeunes et moins jeunes. qu’on soit moins dans la consommation. Que les gens soient conscients des matières utilisées. Qu’on encourage le fait main. Et qu’on en finisse avec l’idéalisation des produits européens.

F.D.T: Mais concrètement à quoi sert d’utiliser des produits recyclés? 

A.B: Le recyclage répond à un problème global, des millions de tonnes de textile et déchets sont produits chaque année. Et si on apprenait à consommer avec plus de conscience, on arriverait à changer les choses, petit à petit.

A part son identité écologique TUKKI est surtout une marque panafricaine. J’ai voulu créer un lien à travers le design entre l’Afrique du nord et l’Afrique de l’ouest. Ayant vécu des deux côtés, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de points en communs à part le sol africain qu’on partage et que les gens ont tendance à oublier ces liens. C’est en s’unissant que les choses avanceront pour le continent africain. ​