Construit à la fin des années 1930, le Das Stue prend place dans l’ancienne et somptueuse ambassade du Royaume du Danemark imaginée par l’architecte Johann Emil Schaudt. Dans le souci de préserver cet héritage diplomatique, les concepteurs de cet hôtel de luxe l’ont envisagé comme une  passerelle entre les traditions berlinoises du XIXème/XXème siècles et l’esthétique allemande contemporaine.

Situé dans le quartier diplomatique de Berlin, l’édifice abritant le Das Stue a fait l’objet de plusieurs rénovations pour survivre aux nombreuses destructions que la capitale allemande a connues durant la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à la réunification en 89. Toutefois, ces différentes transformations n’ont en rien altéré son caractère ancien et chargé d’histoires qui a pu être préservé, au fil des décennies. C’est d’ailleurs avec ce souci de protéger ce patrimoine architectural que les dernières transformations apportées par le cabinet Axthelm Architekten ont été menées. Le Das Stue marie harmonieusement les structures anciennes a de nouveaux espaces, au design résolument moderne, à l’instar des grosses pierres, de la façade courbée inspirée du classicisme danois et qui s’associent élégamment avec la forme trapézoïdale de la nouvelle annexe. Par Ailleurs, dans la partie historique du bâtiment, les détails traditionnels et les matériaux ont été conservés dans leur quasi-totalité, créant ainsi un contraste élégant avec les façades plus récentes et dont les motifs traditionnels ont été appliqués grâce à la technique du « béton photogravé ». Ces volumes angulaires contribuent à créer des lignes de vue intrigantes et des pièces communes baignées de lumière.

Les parties communes intérieures ont, quant à elles, été aménagées par l’architecte espagnole Patricia Urquiola, réputée pour ses mélanges de matériaux et de couleurs audacieux. Dès le hall d’entrée, une impressionnante sculpture de mâchoire de crocodile réalisée par l’artiste parisien Quentin Garel accueille les voyageurs, sous une pluie d’une  centaine de petites lumières. Celles-ci sont enserrées par deux majestueux escaliers en pierre où se nichent les comptoirs de la réception. La thématique animale se poursuit dans le bar du Das Stue où buffles, rhinocéros et taureaux de cuir, façonnés à la main, semblent s’être échappés du jardin zoologique attenant. L’on y trouve également les œuvres de Patricia Urquiola, dont le fameux fauteuil « Bohemian », et d’autres designers, telle une  table en cuivre signée par la firme hollandaise Pols Potten. Le style élégant et chic, teinté d’une légère touche de fantaisie des deux restaurants « The Casual » et « Cinco » s’intègre parfaitement dans l’ambiance rétro berlinoise de cet hôtel 5 étoiles. Patricia Urquiola joue avec des motifs de parquets et des matériaux naturels comme le bois et le cuivre, les combinant avec une décoration rétro subtile et des tapis colorés originaux.

Les 59 chambres et 19 suites que propose l’hôtel ont été aménagés par LVG Arquitectura et suivent la même direction artistique que Urquiola. La vue sur les différents espaces du jardin zoologique et l’ambiance rétro chic sont au cœur de la conception des chambres. Munie de larges fenêtres panoramiques, chacune d’entre elles offre une vue imprenable sur le zoo et ses pensionnaires. Côté design, le mobilier classique s’accorde parfaitement avec les colories et matériaux naturels, offrant une continuité harmonieuse entre l’intérieur et l’extérieur.

Texte : Noémie Zyla

Crédit photos : Das Stue

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