Concubinage : les tunisiens témoignent !

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Mourad, 23 ans, étudiant :

Personnellement, je n’ai aucun problème avec le concubinage. Au contraire, je pense que c’est une bonne chose si ça peut éviter un éventuel divorce, en supposant que le couple se marie sans cohabiter auparavant. Ce serait bien que ça devienne légal. Après, il faudra que la famille accepte, mais ça, c’est un problème de mentalité.

Ahmed, 35 ans, comptable :

Je ne vois pas pourquoi on devrait débattre sur ce sujet. C’est contre notre religion et c’est interdit par la loi. Je ne suis pas pratiquant, mais je pense qu’en Tunisie, on a trop tendance à copier le peuple occidental. Nous sommes arabes, nous avons une éducation, des principes et des valeurs à respecter, le concubinage va à l’encontre de tout ça.

Riadh, 25 ans, coiffeur :

Je n’ai pas de véritable problème avec ça. Certains de mes clients vivent avec leur copine, mais pour la plupart, il s’agit de personnes dont les parents ne sont pas à Tunis. Pour certains, c’est justifié : mariage en cours de préparation, loyers trop chers, etc., mais pour d’autres, c’est juste une façon de dire qu’ils sont rebelles.

Selim, 52 ans, instituteur :

A mon époque, il était impensable de vivre seul tant que sa famille était sur place, encore moins avec son amie. Pour moi, tout ça est de la faute d’Internet et de la télévision qui mettent des idées dans la tête de nos jeunes et les incitent à se comporter comme des Européens ou des Américains.

Adel, 40 ans, cadre dans une société :

Je suis divorcé, et je pense que ça ne me dérangerait pas de vivre avec une femme, mais seulement si sa famille est consentante. Je ne souhaite pas me remarier, mais la présence d’une femme à mes côtés commence à se faire sentir. Alors, je ne dirais pas non au concubinage.

Oumeyma, 19 ans, esthéticienne :

Je vis loin de mes parents depuis mes 15 ans, mais je ne me permettrais jamais de leur manquer de respect en habitant avec un garçon en dehors du mariage. Pour moi, c’est sacré. J’ai des amies qui passent des nuits chez leur petit copain, je ne les juge pas mais personnellement, je ne le ferais pas.

Nessrine, 27 ans, graphiste :

Pour moi, habiter avec un homme en dehors du mariage, c’est se manquer de respect. Pourquoi lui donner cet honneur sans qu’il me passe la bague au doigt ? Non, s’il veut habiter avec moi, qu’il m’épouse. C’est dans nos traditions, ça ne changera pas.

Farah, 35 ans, professeur d’anglais :

Je n’accepterais jamais qu’un de mes enfants aille vivre hors de chez moi sans être marié. C'est valable aussi bien pour mes filles que pour mon fils, je ne fais pas de distinction. Je ne les laisse pas non plus passer la nuit dehors. Je trouve que trop de valeurs se perdent en Tunisie, malheureusement.

Soumaya, 32 ans, cadre dans une banque :

Je me suis mariée six mois après avoir vécu avec mon fiancé. C’était juste pour une question d’argent, vu que nous avions déjà loué un appartement et quitté nos appartements respectifs, mais nous avions dû retarder le mariage à cause d’un décès dans la famille. C’était six mois assez bizarres pour moi, et je n’assumais pas vraiment le fait d'habiter avec mon fiancé.

Lina, 22 ans, étudiante :

Moi, je suis pour. J’ai des amis autour de moi qui se sont mariés, et depuis ils ne s’entendent plus. Pour moi, c’est un problème de cohabitation. Je le ferais mais seulement après être fiancée, et après autorisation de mes parents. Nous en avons déjà discuté et ils sont à peu près d’accord avec moi.

Monia, 41 ans, mère au foyer :

Le mariage et la virginité sont des valeurs fondamentales de notre religion. Comment accepter qu’une fille ait non seulement des relations sexuelles, mais qu'en plus elle vive en concubinage avec un homme ? Si elle le fait avec un, elle le fera avec d’autres, ça ne fait que souiller sa réputation.

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