Comment réagissent les maghrébins face à l’Interdiction du burkini sur des plages françaises?

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Alors que la polémique bat son plein en France, en Allemagne ou encore au Canada sur l’interdiction ou pas du Burkini sur les plages, dans les pays du petit maghreb, cela fait rire…même si on rit jaune pour certains.

Au pays des droits de l’homme et des « Liberté, Egalité, Fraternité », la sanction est déjà tombée. Certaines villes françaises ont interdit le port du voile-et le burkini- sur leurs plages. A Cannes par exemple, la sanction est de 38 euro pour ces dames qui s’aventurent à se baigner en tenue intégrale. Et ce n’est pas que sur la côte d’azur que le maillot prôné par ces dames est désormais interdit. Pas-de-Calais, Alpes Maritimes, ou encore Aude ont aussi choisi la voie de la censure et de la stigmatisation.

Une photo publiée hier a suscité l’indignation de plusieurs internautes. On y voit une femme en voile sur une plage de Nice. Des policiers l’obligent à retirer son voile devant tous les estivants. La photo fait le tour du web et des médias. #Burkini, #BurkiniBan et #WTFFrance sont depuis peu les hashtag sur twitter qui montent pour dénoncer cette pratique.

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Tous les médias occidentaux en parlent et chacun y va de son analyse. Entre ceux qui prônent l’interdiction de la dite tenue de plage, ceux qui prennent les voilées d’Europe à témoins et ceux qui dénoncent la dérive française en matière de lutte contre le terrorisme, il y a à boire et à manger.

De l’autre côté de la méditerranée, les marocains, les algériens et les tunisiens réagissent à leur manière. Et si l’affaire trouve peu d’échos dans ces pays, c’est que leurs belles plages ont pris l’habitude d’être fréquentées par des femmes en burkini depuis 2006, date de la création du vêtement.

En Algérie, le journal satirique (équivalent de Legorafi français et Lerpesse Tunisien) publie ce matin ce papier:

 

Au Huffpostmaghreb, on peut lire un papier du blog du marocain Abdessamad Dialmy, Sociologue de la sexualité, du genre et de la religion où il traite du sujet du point de vue marocain: « Si le port du burkini commence à poser problème en France, à quelques mairies de droite soutenues par un premier ministre de gauche, c’est le non-port du burkini (son non-principe) qui commence à poser problème (de plus en plus) au Maroc. Dans les plages marocaines populaires et bondées, à proximité des grandes villes, il devient de plus en plus difficile aux femmes d’y nager en maillot. Elles sont davantage harcelées quand elles portent un maillot. »

Sur le site seneweb algérien, un papier paru ce matin traite de la question du point de vue nord-africain. Le titre en dit long : « Le burkini ne fait guère de vagues en Afrique du nord » avec une partie sur la Tunisie: « Ce débat n’intéresse pas en Tunisie », indique le sociologue Abdessatar Sahbani. « Le port du burkini, qui a évolué d’une façon considérable depuis la révolution (de 2011), n’a pas provoqué de problèmes sur les plages… Et cet été les Tunisiens sont surtout préoccupés par la situation économique et sécuritaire ».

Quand bien même, beaucoup seraient d’accord avec cette idée, certains médias n’hésitent pas à  balancer la question fatidique: Le burkini sera-il interdit au Maroc? En Algérie? En Tunisie? Evidemment, transposer la polémique à une échelle nationale attire plus. « Les piscines au Maroc peuvent-elles interdire le burkini? » se pose la question un site marocain.  « La polémique autour du « burkini » arrive en Tunisie » affirme de son côté un site tunisien.

Un dessin soudanais de Khalid Albaih va au delà de la polémique directe du « pour ou contre l’interdiction du burkini sur les plages » en dénonçant la soumission des femmes et la restriction des libertés et des droits des femmes autant dans les pays qui imposent le voile que dans les pays dits de droits-comme la France- et qui imposent qu’on l’enlève.

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