Ces mamans « rock » arrivent à s’organiser différemment : Hana Mhalla – Médecin dermatologue et esthétique

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Être maman, ce n’est pas rock’n’roll tous les jours. Il faut assurer les réveils tôt, les tâches ménagères, les devoirs, la cuisine et les mets « healthy », le boulot, les activités parascolaires, les trajets quotidiens entre maison, jardin d’enfants, école et bureau…, les bains, les histoires avant dodo, les maladies et les nuits blanches à surveiller la fièvre, les caprices, le couple, l’intimité… et essayer dans tout ça de trouver un petit moment pour soi. Certaines mamans arrivent à se surpasser, à trouver du temps pour pratiquer une passion, un travail différent ; ces mamans « rock » arrivent à s’organiser différemment. C’est parce qu’elles « déchirent », qu’elles sont « rock » et que nous leur consacrons ce dossier. Loin de nous l’idée de donner des complexes ; ces pages sont une ode au formidable travail que font les mamans chaque jour, une source d’inspiration et une motivation pour que chacune de nous, en plus d’être maman, laisse une petite place pour accomplir un rêve, une passion. Ce dossier, c’est aussi pour vous dire que tout est possible et que même si certaines mamans n’ont pas le temps de faire des choses à côté, elles restent quand même des mamans « rock » à leur manière…

Hana Mhalla – Médecin dermatologue et esthétique, 42 ans, mariée, une fille de 10 ans et un garçon 8 ans

Hana Mhalla vient d’organiser le premier workshop de danse soufie en Tunisie, en collaboration avec la franco-iranienne Rana Gorgani. Il y a quelques années, la jeune femme a découvert la méditation et le yoga mais aussi la danse soufie et le Samâ’. Depuis, elle pratique des retraites spirituelles dans différentes villes. A côté, elle gère son cabinet de médecin dermatologue et esthétique et s’occupe de sa famille. « Aujourd’hui je suis moins débordée. Je faisais beaucoup d’activités avant la naissance des enfants. Sport, danse, théâtre, et de nombreux voyages par an car je suis une globe-trotteuse. Je suis une passionnée, j’aime la vie, les belles choses, l’art… Tout ce que je fais me ressource. », me confie Hana. D’ailleurs, il lui a fallu près de cinq ans après son mariage en 2003 pour avoir son premier enfant. « J’avais peur de perdre cet équilibre. Et puis il fallait laisser de la place au couple pour s’épanouir et trouver ses repères. »  L’arrivée du premier enfant est vécue comme une simple période de transition. « Ces périodes sont difficiles, certes, mais ils participent grandement à notre épanouissement. Chaque chose doit prendre son temps pour se mettre en place. » En l’espace de deux ans, Hana se retrouve mère de deux enfants, prend la décision de s’installer en Tunisie après avoir vécu quelques années en France et lance son cabinet en même temps. La pression est énorme ; la charge de travail et les besoins de la famille font que la jeune femme craque au bout de quelques mois. Le diagnostic est sévère : hernie discale paralysante. Les médecins lui conseillent une opération urgente. Elle préfère se rétablir lentement en gardant le lit. « J’ai été alitée durant deux mois. Les meilleurs de toute ma vie. Je prenais du temps pour moi. Je lisais, dessinais et commençais la pratique de la méditation à laquelle j’ai été un peu initiée grâce à un psychiatre qui m’aidait à faire un travail sur moi-même. »

Lorsque son corps se rétablit, Hana pousse l’expérience de la méditation plus loin. En 2015, elle s’essaie à la retraite spirituelle dans un monastère et son premier voyage sera vers la destination du Népal pour deux mois avec l’association Vipassana. « Le nom renvoie à la plus ancienne méditation en Inde. Ce sont généralement des bénévoles qui organisent ce genre de retraites. Un principe simple : c’est un séjour silencieux d’une dizaine de jours en moyenne. Cela se pratique en groupe mais tu n’as aucun contact verbal ou visuel avec ces gens-là. On passe la journée à faire des méditations longues d’une heure ou deux, entrecoupés par les pauses de déjeuner ou de dîner. La retraite se fait sans téléphone, sans musique, sans lecture… C’est un travail de nettoyage profond. » Durant 6 mois, la jeune femme, ainsi que sa famille, se préparent à ce long séjour. « Mon mari a vu le bienfait de la méditation et du yoga sur moi. Je fais cela aussi pour ma famille. La mère en est le pilier. Si elle est épanouie, qu’elle dégage des ondes positives, de la bonne énergie, tout se passe bien au sein du couple et avec les enfants. Moi je pratique la discipline positive avec mes enfants ; ils ne sont pas agités et s’aiment énormément. Lorsque je suis partie, je leur ai bien expliqué les choses en amont. Au Népal, ils m’ont beaucoup manqué, c’est clair. Mais je me disais que c’est un sacrifice que je faisais pour eux. Cela te motive pour travailler encore plus sur toi et d’être concentré sur ton séjour. »

Un quotidien particulier certes, mais pour cette jeune femme, la méditation et les retraites nous permettent de faire un nettoyage profond, de nous libérer de nos traumatismes. « C’est l’acceptation et le lâcher-prise. » Hana pratique les retraites en moyenne deux fois par an. Et le reste de l’année, elle pratique la danse soufie, le yoga, la méditation… et suit des cours de piano. « Aujourd’hui, j’arrive à m’organiser.  J’ai des jours que je consacre à mon travail et d’autres à moi-même ou à mes enfants. Je dois leur donner du « quality time » au quotidien. Le temps que je prends pour moi, je le prends sur le travail et non pas sur celui que je consacre à mes enfants. Le week-end c’est sacré, c’est pour eux. L’éducation des enfants n’est pas difficile ; ils comprennent tout. L’important c’est de donner l’exemple. Si je veux que mes enfants lisent, je lis. Si je suis zen, mes enfants le sont aussi. Ca ne m’intéresse pas de rester toute une journée avec les enfants en étant scotchée devant Facebook ou au téléphone. Lorsque je suis avec eux, je le suis à 100%. C’est ce que j’ai appris de la méditation. »