Ces mamans « rock » arrivent à s’organiser différemment #4: Heifa Bouslema, Enseignante

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Être maman, ce n’est pas rock’n’roll tous les jours. Il faut assurer les réveils tôt, les tâches ménagères, les devoirs, la cuisine et les mets « healthy », le boulot, les activités parascolaires, les trajets quotidiens entre maison, jardin d’enfants, école et bureau…, les bains, les histoires avant dodo, les maladies et les nuits blanches à surveiller la fièvre, les caprices, le couple, l’intimité… et essayer dans tout ça de trouver un petit moment pour soi. Certaines mamans arrivent à se surpasser, à trouver du temps pour pratiquer une passion, un travail différent ; ces mamans « rock » arrivent à s’organiser différemment. C’est parce qu’elles « déchirent », qu’elles sont « rock » et que nous leur consacrons ce dossier. Loin de nous l’idée de donner des complexes ; ces pages sont une ode au formidable travail que font les mamans chaque jour, une source d’inspiration et une motivation pour que chacune de nous, en plus d’être maman, laisse une petite place pour accomplir un rêve, une passion. Ce dossier, c’est aussi pour vous dire que tout est possible et que même si certaines mamans n’ont pas le temps de faire des choses à côté, elles restent quand même des mamans « rock » à leur manière…

Des cheveux courts teints en rouge, une silhouette filiforme et des tatouages au corps, Heifa Bouslema présente tous les caractéristiques d’une maman « rock ». A 37 ans, la jeune femme divorcée jongle entre son métier d’enseignante et sa passion pour la course à pied, tout en s’occupant de sa fille âgée de 5 ans et demi. « Depuis 2011, j’enseigne à Sousse et je fais la navette deux fois par semaine. Avant d’avoir ma fille, j’y passais la nuit. Mais à sa naissance, c’est devenu un peu plus compliqué ; et puis je ne me sentais plus à l’aise de le faire. Je passais à côté de moments que je pouvais consacrer à ma fille et au sport. »

Heifa s’entraîne depuis plus de 10 ans. Elle a pratiqué sa passion en étant en couple, mariée sans enfant, puis mariée avec enfant, et enfin divorcée.  La jeune femme court peu importe les circonstances, qu’elle soit en préparation de thèse, dans un emploi à temps plein, ou enseignante avec des horaires plus flexibles. « Je suis plutôt du matin, donc je me lève à 5h00 pour sortir courir.  A 7h00, je suis à la maison pour me changer et partir travailler.  Evidemment lorsque je vais travailler à Sousse, je ne cours pas le matin vu que je sors déjà tôt pour prendre la route. La veille, je dors chez mes parents. C’est ma mère qui emmène ma fille au jardin d’enfants et son papa qui la récupère le soir. »

Mariée, Heifa choisit de pratiquer le sport sans excès. Avec un bébé qu’elle a choisi d’allaiter, la première année est une succession de concessions. « Je prenais sur mon temps de sommeil pour courir. Quand ma fille a eu deux mois et qu’elle a commencé à faire ses nuits, je me réveillais très tôt, tirais mon lait, puis sortais. A mon retour, elle dormait encore. Durant sa première année, j’ai dû me débrouiller pour ne pas arrêter le sport. Je la mettais souvent dans son Maxi-Cosi et faisais mes abdos à côté ou l’emmenais avec moi pour une marche rapide alors que nous étions en plein hiver. »

Mais le besoin d’accomplissement grandit suite au divorce de Heifa. Elle s’implique alors encore plus dans le sport, participe à des marathons et voyage pour les compétitions. « Avant je partais deux, trois jours pour les compétitions. Aujourd’hui, j’ose m’absenter une semaine. Ma mère ne comprend toujours pas cette passion. Ce n’est pas évident à assumer vis-à-vis de ma fille. D’abord le fait de divorcer mais aussi de prendre du temps pour moi, pour pratiquer ma passion. Mais je pense que plus tard elle sera fière de moi et de mes choix. »

Bien qu’elle soit un soutien inconditionnel pour sa fille, la mère de Heifa a du mal à comprendre ce quotidien. La jeune femme court avec des hommes, parfois seule, s’absente pour des compétitions à l’étranger. Ses amis trouvent que cela vire à l’addiction. « Je ne suis pas d’accord. Je ne vis pas que pour ça. J’ai d’autres centres d’intérêt, j’ai ma fille, j’ai fait de la politique, etc. », se défend la runneuse. « Au début, on nous regardait de travers quand on courait le matin dans la rue. Aujourd’hui, c’est devenu plus banal. Je pense que j’ai mis une pierre à l’édifice en lançant un blog qui parle de ça. Dans ma vie, le sport est capital, il passe avant tout, quasiment -sauf ma fille-. »

La jeune maman rock continue de courir dans la nature. « Je cours à Zaghouan, Boukornine, mais aussi je participe aux trails. J’ai fait les 100 km du festival des templiers, près de Montpellier, j’ai fait la SaintéLyon et ses 72 km de nuit, mais aussi l’Ultra Trail de la Côte d’Azur et bien d’autres. Aujourd’hui, ma fille connait et comprend ma passion et veut même se mettre à courir avec moi.  Mais c’est le soutien de ma famille qui m’a permis de pratiquer ma passion. »