Carthage Dance J2: Les Dézorientales

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La première édition du Festival Carthage Dance a démarré mardi 26 juin 2018 et se poursuit jusqu’à ce dimanche 1er juillet. Un festival public, sous l’égide du ministère de la Culture donc, pourtant il nous fait la preuve depuis deux jours qu’il ne manque pas d’audace, qu’aussi étatique soit-il, on peut y aborder toutes les thématiques si l’on sait bien les placer dans leur cadre artistique. Les corps dansants s’exprimant indépendamment des codes, des tabous et des questions liées au politiquement correct. A travers un fil conducteur abordant la question des corps minoritaires, les spectacles se sont succédé hier, deuxième jour du festival.

Les Dézorientales: Alexandre Paulikevitch / Saadia Souyah / Nadia Saiji Salle Jeunes créateurs Cité de la culture

Gepostet von ‎Carthage Dance – أيام قرطاج الكوريغرافية‎ am Mittwoch, 27. Juni 2018

A 19h00, salle des jeunes créateurs, se produisaient 3 artistes : Alexandre Paulikevitch, Saadia Souyah et Nadia Saiji une heure durant. Le spectacle s’intitule « Les Dézorientales » et nous présente tour à tour les performances des 3 chorégraphes exprimant à leurs façons le rapport du corps à l’identité, à la danse traditionnelle et/ou orientale. La chorégraphe d’origine algérienne Saadiia Souayah fait côtoyer les univers du théâtre et de la danse traditionnelle chaabi/berbère et celle orientale. Celle qui quitte le cabaret en 1995, se penche sur les questions de l’identité, de la femme, et interroge notre culture arabo musulmane à travers la danse. Hier, se performance a été présentée accompagnée de musique en live.

Entre la danse folklorique, la danse classique, le jazz ou encore la danse orientale, le cœur de Nadia Saiji balance et se déhanche dans une performance d’une quinzaine de minutes. Avec une totale maîtrise de son corps, Nadia nous emmène aux tréfonds d’une exploration de soi.

La suite du spectacle se fait avec le libanais d’origine croate, Alexandre Paulikevitch. Lui c’est la danse orientale, le baladi comme outil pour interroger la question du genre. C’est la première fois que l’artiste est invité à se produire dans un pays arabe. Le militant LGBT et danseur chorégraphe a présenté une performance d’une quinzaine de minutes, tirée de son dernier spectacle « Tajwal ». Une performance pour le moins audacieuse, puisqu’on y voit le jeune homme maîtriser les codes du « belly dance » à travers une belle chorégraphie moderne et innovante. Le résultat peut plaire ou non, il n’en reste pas moins que techniquement, tout est bien ficelé malgré le petit souci vestimentaire qui a conduit Alexandre à se produire en boxer et non en tenue de danse.

J2 Carthage Dance: Alexandre Paulikevich

Hier, le chorégraphe libanais Alexandre Paulikevich se produisait dans le cadre de Carthage Dance 2018. "Les dézorientales" un spectacle pour questionner le corps sur l'identité mais aussi le genre.

Gepostet von Femmes de Tunisie am Donnerstag, 28. Juni 2018

Au total, du baladi contemporain, du chaabi revisité, de l’oriental jazzifié, « Les Dézorientales » est un pari réussi pour ces journées « Carthage Dance » qui se veulent un laboratoire de réflexion. On n’en sort pas sans se poser des questions sur qui on est ? Que traduit notre façon de bouger ? Quelle trajectoire suit le corps d’une femme,  et celui d’un homme ?