Carnet de voyage : le Monténégro

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En quelques années, le Monténégro a vu son tourisme se développer sans toutefois exploser. Si les Serbes s’y rendent depuis longtemps pour ses plages de rêve, d’autres visiteurs du monde entier découvrent aujourd’hui la beauté et le calme de ce pays des Balkans aux 661 807 habitants. La particularité du Monténégro : des montagnes, des lacs, des plages de rêve et des Monténégrins extrêmement agréables. Randonnées en montagnes, baignades dans des eaux cristallines et mauvaises expériences dans les transports en commun : voici notre carnet de voyage au Monténégro.

Comment y aller ?

Pour se rendre au Monténégro, il n’y pas de liaison directe depuis la Tunisie. Par avion, il faudra donc passer, par exemple, par Belgrade (Serbie) puis prendre le bus pour la ville de votre choix au Monténégro. Dans notre carnet de voyage, nous avons donc pris Tunisair pour Belgrade (environ 2 h) puis le bus de nuit pour Zalbjak (9h de trajet, 21€ et environ 180 dinars serbes de taxes à la station de bus). Pour retourner en Tunisie, il faudra refaire tout le chemin. Si un visa Schengen n’est pas demandé à l’entrée de la Serbie, il est néanmoins nécessaire pour se rendre au Monténégro. Évidemment, il devra être de préférence à entrées multiples. La voiture reste bien entendu l’idéal pour plus d’indépendance, particulièrement au Monténégro où les compagnies de bus sont privées, au confort parfois spartiate et aux horaires extrêmement flexibles – ce qui nous a fait perdre énormément de temps ! 

Žabljak

D’apparence minuscule, Žabljak regorge de paysages à découvrir en bien plus que 2 jours. Située aux portes du parc national Durmitor, cette ville tranquille du nord-ouest du Monténégro est dotée d’un charme montagnard. Des maisons toutes petites, de grands arbres, des lacs, des vendeurs ambulants de baies (mûres, framboises et fraises sauvages) et de miel : la route vers le parc du Durmitor (entrée à 3€) est magique et a vraiment des airs de Twin Peaks, série culte de David Lynch.

Plusieurs sentiers balisés (de 2 km à 18 km) sont proposés (se renseigner à l’information touristique dont le box est situé dans la ville, carte payante). Pour la moitié de la journée, visitez la partie du Black Lake (Crno jezero) dont le sentier vous fera marcher sous les arbres et autour de ce lac magique.

Quelques cafés-restaurants vous permettront de vous poser tranquillement autour d’un verre (Coca Cola à 2€, bière à 2€) tout en profitant d’une superbe vue sur le Black Lake. Pour une plus longue randonnée, il faudra sortir tôt car le parc est immense – certaines randonnées peuvent durer jusqu’à 12h.

Respectez impérativement le balisage car il existe toujours un risque de se perdre. Une habitante de Žabljak nous avait même raconté l’histoire d’une touriste malaisienne qui s’était aventurée hors sentier et dont les restes ont été retrouvés quelques mois plus tard. Prévoyez de quoi vous protéger des pluies orageuses, très fréquentes, et consultez toujours la météo avant d’entrer dans le parc. Si votre budget vous permet de prendre un taxi pour vous rendre au canyon de la Tara (22 km, environ 26 mn de trajet), n’hésitez pas : la vue depuis le pont, le rafting et la descente en tyrolienne en valent vraiment le coup.

Comment s’y rendre ?

Il y a plusieurs compagnies privées. En moyenne 21€ pour 9h de trajet. 

Kotor

La verdure et la fraîcheur de Žabljak laissent place à la gigantesque baie de Kotor. Ici, l’ambiance est à la fête, aux baignades et aux bons plats à base de fruits de mer. Très animée, Kotor ville renferme la célèbre forteresse Saint Jean qui surplombe la baie. Il faudra toutefois avoir la force d’y grimper et de débourser 8€ (l’entrée était totalement gratuite il y a quelques années). Kotor ville et les nombreuses autres petites parties des Bouches de Kotor sont parfaitement aménagées pour les baignades.

Les parties avec du sable peuvent être minuscules et bondées, d’où la possibilité de voir des personnes en train de bronzer sur des murets entre la route et la mer. Les parties les plus connues des Bouches de Kotor sont Perast, Herceg Novi et Tivat. Nous avons choisi de séjourner à Morinj, un coin résidentiel tranquille. En ce qui concerne la nourriture, nous avons essayé le restaurant le Marius (risotto aux crevettes à 11€, Coca Cola à 2,50 €, couvert à 1€).

Comment se déplacer ?

Qu’on se le dise : les bus au Monténégro sont mauvais. Pour se rendre à Kotor depuis Žabljak, il existe un bus (toujours une compagnie privée) à 14€ (+1€ pour la valise). À Kotor, la compagnie de la ville, Blue Line, permet de se déplacer dans les bouches (ticket dans le bus à 1€)… à condition de patienter grandement pour trouver l’arrêt et attendre son arrivée…

Cetinje

Depuis Kotor, la ville de Cetinje est accessible en bus en 1h (6€). On passe alors de la mer à la montagne. Cette ancienne capitale du Monténégro – qui a laissé place aujourd’hui à Podgorica – est à la fois calme et charmante. On s’y rend pour ses musées et, surtout, sa proximité du mont Lovćen (1800 m d’altitude). Prévoyez la moitié d’une journée pour visiter la ville et une autre pour le mont (hors heures chaudes).

Ce dernier, célèbre pour son mausolée (Mauzlej na Lovcenu), offre une rencontre avec les nuages et une vue époustouflante à 360°. Depuis Cetinje, il faudra prendre un taxi (une petite demi-heure pour y arriver,  25€ la course, le chauffeur de taxi fait l’aller, attend en bas du mausolée et fait le chemin du retour). À faire absolument.

Petrovac

        

Située au bord de la mer Adriatique, cette ville côtière est une alternative intéressante à la désormais ultra-célèbre Budva, située à 20 km, et dont les plages sont prises d’assaut. Même si celles de Petrovac na Moru sont bondées en plein mois d’août – et dès 8h du matin -, elles présentent au moins l’avantage d’être dans une ville plus charmante et authentique que sa voisine.

On pourra ainsi profiter d’une plage toute proche, de supérettes, de restaurants/fast-food et, surtout, de paysages fantastiques faits de falaises martyrisées par les vagues et les vents. Pour une dizaine d’euros, des bateaux vous emmènent jusqu’à Budva ou Sveti Stefan en passant, évidemment, devant  les deux îles stars avec une église, Katic et Sveta Neđelja.

Où loger ?

L’avantage d’une ville « moins connue » est forcément ses prix de logement plus bas. Même à une minute de la plage, des studios très sympathiques et bien équipés permettent de profiter de la mer sans se ruiner. Nous avons logé à l’un des appartements Aleksandar (Nika Andjusa 21) : une grande chambre avec deux lits simples à 20 secondes d’une supérette au prix de 80 € les deux nuits. En plein mois d’août et à un tel emplacement, qui dit mieux ?

Comment y aller ?

Depuis Cetinje, l’ancienne capitale, il faudra prendre un bus pour Budva (6 €) puis un autre pour Petrovac (3 € la place + 1 € pour la valise en soute). Tout le trajet dure environ 1 h 15.

Virpazar

On s’éloigne de la mer et des plages paradisiaques pour remonter vers les lacs et les montagnes. Virpazar est une ville assez spéciale, un petit paradis à la fois calme et très touristique, grand pour l’étendue de ses lacs et sa verdure, petit et charmant pour la superficie de ses zones habitées. Ici, l’homme est, pour une fois, noyé dans la nature car il la respecte. Pour profiter pleinement de Virpazar, il faudra au moins deux jours.

L’un d’entre eux sera ainsi consacré à une randonnée traversant des montagnes et des villages, et arrivant jusqu’à un tout petit lac où l’on pourra se rafraîchir. Le chemin, intégralement fait d’arbustes, de vignobles et de figuiers sauvages, est très intéressant car on y rencontre des habitants vendant leurs produits (légumes, fruits, vins, bière, etc.).

Au tout début du parcours, on pourra même apercevoir d’en haut la rivière Rijeka Crnojevića, longée par des collines verdoyantes en forme de dôme. La seconde journée sera, quant à elle, consacrée à une virée en bateau sur le lac Skadar. Reliée à un parc national, cette grande étendue abrite pas moins de 264 espèces d’oiseaux, constituant ainsi l’une des plus grandes réserves du monde.

Un moment doux et magique où la faune et la flore nous rappellent à quel point la nature et l’écosystème sont fragiles. A faire absolument, surtout que la promenade en bateau ne coûte que 10 € par personne + 4 € de droit d’entrée au parc. L’entrée au fort, qui surplombe le village, est à 1 €.

Que manger à Virpazar ?

La carpe est incontestablement la star de ce village d’environ 337 habitants. On la dégustera donc à toutes les sauces, notamment en marinade et grillée. Quelques restaurants et cafés de la place principale proposent un choix varié, mais le restaurant le plus emblématique de Virpazar reste le « Silistria », qui est la réplique d’un bateau du XIXe siècle offert par les Turques au roi Nicolas Ier de Monténégro.

Le service est rapide, les plats sont généreux et les prix vraiment corrects (carpe marinée à 7 €, plat de frites à 1 €, dessert Tres Leches à 2,50 €). Dans la seule « grande » supérette du village, la cannette de Coca Cola est à 0,60 € (1,50 € dans un café).

Comment y aller ?

Depuis Petrovac, il faudra prendre un bus pour arriver à Sutomore (20 mn, 2 euros) puis le train (15 mn, 1 euro).

Gusinje

Située au nord-est du Monténégro, à la frontière albanaise, Gusinje frappe par sa différence. Dès que l’on arrive, l’ambiance est tout de suite plus « méditerranéenne » avec ses cafés bondés de clientèle masculine et ses mosquées. Ce village, dont l’histoire a été marquée par le passage de nombreuses familles musulmanes de différentes régions du monde arabe, compte en effet 15,37% de musulmans dans sa population.

Même si elle n’est pas particulièrement attirante, la région de Gusinje/Plav possède néanmoins un atout : le parc national de Prokletije qui la berce. De là, plusieurs circuits de randonnée permettent de profiter des paysages époustouflants faits de chaînes de montagnes et de lacs. Arriver au lac Blue Eye (Oko Skakavice) et ses teintes bleutées magiques après 1h30 de marche, est déjà une merveilleuse récompense !

Où loger ?

À Gusinje, juste derrière la station de bus, une maison d’hôtes tenue par une charmante famille musulmane offre de petites chambres doubles très minimalistes (30 €) ou des dortoirs. Il faudra marcher une petite demi-heure pour arriver au centre d’information touristique à l’entrée du parc.

Comment y aller ?

Depuis Virpazar, un voyage en train de 15 minutes (1 €) nous mène à Podgorica, la capitale. Il faudra ensuite prendre un bus (3 €) pour arriver à Gusinje. Pour repartir à Belgrade (unique moyen de rentrer à Tunis), il faudra d’abord aller à Berane (en bus, 2 €) puis prendre un autre bus d’environ 8 heures vers la capitale serbe.

Côté nourriture

En général, la nourriture au Monténégro n’est pas chère au supermarché (comme Voli) : la grande bouteille d’eau à 0,49 €, la canette de soda (33 cl) à 0,70€, le grand cornetto (crème vanille, chocolat) à 0,79€, le paquet de tortellini au jambon à 2,19€, le petit sachet de mayonnaise ou de ketchup à 0,15€, la petite bouteille de vin aux myrtilles à 1,39€, la grand paquet de saucisses à 1,19€, le pain à 0,49€, etc. Au café, un Coca coûte en moyenne 2€, une limonade 1€, un café turc 0,50€, un cappuccino 1,30€. Au restaurant, on peut trouver des moules (1L) à 8€, des gambas grillées à 15€, un verre de Chardonay à 3€, etc. Comme en Serbie, on trouve le börek, sorte de tajine malsouka au fromage, à la viande ou aux épinards à moins d’1€ la tranche, consommée avec un yaourt à boire. Côté sucrerie, le palačinky est une sorte de crêpe préparée et présentée différemment et le Plazma est un biscuit extrêmement populaire.

Menu à Gusinje

Infos pratiques

Visa : Schengen à entrés multiples.

Monnaie : l’euro.

Deux puces touristiques « Turist Duo » Telekom avec forfait de 100 Gb chacune, pour 10 jours, les deux à 9,90€.

En raison de l’ancienne occupation ottomane, le café turc est la boisson « nationale ». Il est d’ailleurs parfois difficile de trouver un « café crème ».

Il n’y a pas de Wifi dans les bus, même celui reliant Belgrade aux villes monténégrines. Beaucoup de compagnies (privées) font payer la valise dans la soute (1€).

L’hébergement est très bon marché (une chambre double entre 20 et 30 €), à condition de dormir chez l’habitant mais dans une partie indépendante, chose très courante au Monténégro et en Croatie.