Blancheur et lumière : une architecture évolutive par Imen Landoulsi Attia

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Non loin de la Goulette, un projet de villa conçu par l’architecte Imen Landoulsi Attia est un exemple d’habitation exible et évolutive. Un lieu de vie trans-générationnel.

En effet, tout d’abord prévue pour une famille mononucléaire de deux parents et trois enfants, elle a été pensée pour pouvoir s’adapter et se réorganiser en appartements séparés pour les enfants et les futurs enfants mariés.

Les espaces n’ont donc pas été conçus comme des espaces figés mais des espaces vivants qui peuvent se ré-imbriquer en évoluant avec la famille. Dans cet esprit de flexibilité, l’entrée de service qui permet de passer à la cuisine et donne directement sur la cage d’escalier peut se transformer en accès indépendant pour des enfants mariés en recherche d’autonomie.

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La villa est donc un défi relevé de réponse volumétrique à des contraintes de programme riche au départ. En effet, le terrain de 400 m2 ne semblait pas pouvoir répondre à un programme aussi riche et aussi flexible tout en conservant un espace vert consistant. Et pourtant, la rotation volumétrique du premier étage dégage l’espace jardin au rez-de-chaussée et permet ainsi par un beau geste architectural de créer de nouveaux espaces de vie, en porte à faux au premier étage.

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Les maitres de l’œuvre aspiraient à un foyer lumineux et l’architecte a baigné les espaces de lumière en prévoyant de grandes ouvertures, en fonction de l’orientation. Ainsi la transparence permet d’étirer l’intérieur vers l’extérieur tout en invitant les espaces verts à l’intérieur. L’on retrouve dans ce jeu d’ouverture, grandes baies vitrées dans les chambres ou en bandes dans la cuisine, le vocabulaire du langage moderne qui peut aussi défier les règles de la structure et adoucir les lignes rigides d’un coin notamment par les baies d’angles.

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La lumière est aussi réfléchie par cette blancheur des façades qui est d’autant plus mise en valeur par le gris anthracite de l’aluminium. Elle joue aussi sur les revêtements intérieurs en miroitant sur la pate de verre blanche de la cuisine ou en sublimant le rouge de la salle de bain des parents conçue comme un chaud cocon de détente où la baignoire a été creusée au sol.

Architecte : Imen Landoulsi Attia

Texte : Martine Geronimi

Photos : Abdel Belhadi Studio 25