Avortement, divorce et voile, quels sont mes droits ?

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La femme tunisienne bénéficie du meilleur statut féminin dans le monde arabo-musulman. En effet, le code du statut personnel, promulgué en 1956, lui a permis de remplir pleinement son rôle dans la société. Quelques questions persistent néanmoins dans cette Tunisie à la fois progressiste, tolérante, conservatrice et moderne comme le droit à l’avortement, la liberté vestimentaire au travail et le droit au divorce.

Q : Je suis enceinte et je voudrais avorter. Quels sont mes droits ?
R : L’avortement est encore un sujet très tabou et controversé dans la société tunisienne. En effet, la Tunisie est un pays arabo-musulman où la sexualité est interdite avant le mariage. Mais l’interruption volontaire de grossesse y est autorisée, avant même la France, depuis 1973 (loi n°73-2 du 26 septembre 1973). La Tunisie est d’ailleurs un des rares pays qui n’impose aucune condition à l’avortement durant la période légale des 3 premiers mois de grossesses.

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En effet, la femme n’a besoin d’aucune autorisation (ni mari, ni parents) pour avorter. Au-delà du délai légal, seule l’interruption médicale est permise avec des raisons très précises comme une grossesse pouvant mettre la vie de la mère en danger ou une malformation du bébé. L’IVG doit obligatoirement être pratiquée par un médecin tenu par le secret médical, et doit se dérouler en milieu hospitalier (hôpital, clinique agréé). L’avortement est également pratiqué de manière gratuite et libre dans les centres de planification familiale.

Q : Je ne m’entends plus avec mon mari. Ai-je le droit de demander le divorce ?
R : Tout comme le droit de choisir son époux, la femme tunisienne a également le droit de divorcer contrairement à la plupart des pays arabes où la décision de demander le divorce revient à l’homme. Selon l’article 30 du Code du Statut Personnel, le divorce ne peut avoir lieu que par voie judiciaire avec l’obligation de recourir au juge, abolissant de ce fait la répudiation. Néanmoins, trois possibilités sont prévues par le Code en cas de divorce : le consentement mutuel, le préjudice subi par l’un des époux et le divorce-caprice.

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Q : Peut-on m’obliger à porter le voile au travail ?
R : En principe, la façon de se vêtir relève du seul choix de la salariée. La liberté vestimentaire entre dans le cadre des libertés individuelles, chaque femme est donc libre de choisir de porter le voile ou pas. Une obligation de porter le voile au travail est une atteinte à cette liberté.