Une Indienne ouvre le premier centre de réhabilitation pour victimes d’attaques à l’acide

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Crédit : Avirat Sundra

Ria Sharma est l’espoir de milliers de victimes d’attaques à l’acide. Une pratique toujours d’actualité dans le monde entier, particulièrement en Inde où 1000 cas sont déclarés chaque année. Officieusement, ils sont plus nombreux. Ria, une jeune indienne de 23 ans, a un parcours hors du commun. D’abord étudiante en mode à l’école Leeds College of Art and Design au Royaume-Uni, elle a par la suite fait un virage à 180° en changeant pour des études en cinéma. Ria Sharma a alors choisi de parler des femmes indiennes victimes des attaques à l’acide.

« Lorsque j’étais en train de filmer mon documentaire, je me suis retrouvée dans le service des brûlés d’un hôpital appartenant au gouvernement, a-t-elle confié à PRI, le réseau de radiodiffusion américain. Les choses que j’ai vues dans ce service m’ont changée à vie. Je n’avais jamais été témoin d’une si grande misère à la fois, je n’avais jamais été entourée d’une si grande douleur. Quand vous vous retrouvez dans une telle situation, vous avez deux options : retourner au confort de votre propre vie ou bien essayer de rendre celle d’un autre plus confortable. »

Crédit : Avirat Sundra

Ria Sharma a donc choisi la dernière option en créant Make Love Not Scars (Faites l’amour, pas des cicatrices), une fondation basée à New Delhi venant en aide aux victimes des attaques à l’acide dans son pays. Grâce à MLNS, ces victimes, pour la plupart des femmes, sont aidées financièrement pour recevoir des soins médicaux de qualité. Mieux encore, la jeune indienne a ouvert le 7 mars dernier un centre de réhabilitation pour toutes ces personnes dévisagées. Celles-ci peuvent désormais y travailler à temps plein, enseigner, faire du yoga ou des workshops, écouter des poèmes, etc. Une aide financière, donc, mais surtout morale à de vraies survivantes. Même si Ria se heurte encore à une société patriarcale, sa cause a été saluée par un Social Impact Award du British Council. Rappelons qu’en Inde, un litre d’acide ne coûte que quelques centimes et est accessible à n’importe qui, comme un membre de la famille de la victime ou un amoureux « rejeté ».