Tout ce que vous devez savoir sur les fantasmes

0
1932

Que l’on soit timide ou expansif, porté sur le sexe ou non, nous avons tous et toutes des fantasmes que nous gardons précieusement à l’abri des jugements extérieurs. Certains sont avouables, et même réalisables, tandis que d’autres sont socialement ou religieusement inacceptables. Mais hommes et femmes partagent-ils les mêmes fantasmes? Quelle est la limite entre un fantasme «normal» et un fantasme déviant? Qu’est-ce qu’ils signifient? Femmes de Tunisie fait le point sur le monde ténébreux des désirs inavoués…

Pourquoi fantasme-t-on?

La notion de fantasme ne cesse d’évoluer en même temps que les mentalités. Il y a encore quelques années, les fantasmes se limitaient à des désirs tabous, mais aujourd’hui bon nombre d’entre eux sont couramment réalisés.

Nous développons nos premiers fantasmes lors de l’adolescence, pendant la puberté. D’abord primaires, ils se développent et gagnent en maturité grâce aux diverses expériences sexuelles qui nous permettent de mieux comprendre nos envies.

Les psychologues donnent une définition de ce processus naturel: les fantasmes sont une production de l’imaginaire qui permet une prise de distance face à la réalité. Par conséquent, ceux-ci varient d’un individu à un autre et dépendent totalement de notre histoire et de notre éducation. De plus, les fantasmes ont plusieurs fonctions: ils permettent de pimenter la vie sexuelle en couple, stimulent l’excitation, entretiennent le désir et permettent de «vivre» des interdits sans qu’il y ait pour autant réalisation du fantasme.

 

Quelle différence entre les fantasmes masculins et féminins?

Parce que nous vivons différemment notre sexualité, hommes et femmes ne partagent pas les mêmes types de fantasmes. Tandis que l’imaginaire féminin se dirigerait généralement vers des scénarios érotiques de soumission (être attachée, dominée) ou de rapport lesbien (avec une ou plusieurs femmes), les hommes fantasmeraient quant à eux de triangle érotique (avec deux partenaires féminines), de regarder deux femmes faire l’amour ou encore d’éjaculer sur leur partenaire. Autre différence, ces derniers seraient plus enclins à réaliser leurs fantasmes, contrairement au sexe opposé qui préférerait rester au stade de désir inassouvi.

Que signifient-ils?

De la même façon que nos rêves ont une signification, nos fantasmes sont de bons indicateurs de nos désirs profonds. Toutefois, attention à ne pas prendre vos fantasmes au pied de la lettre! Ce n’est pas parce que vous fantasmez d’être prise de force par un bel inconnu que vous aimeriez inconsciemment que l’on abuse de vous. Cela révèle tout simplement vous avez envie d’être ardemment désirée ou que vous adoreriez être passive lors d’une relation sexuelle.

Les fantasmes sont en réalité des désirs poussés à l’extrême, des caricatures de vos désirs qui permettent de mieux comprendre vos envies.

Quoi qu’il en soit, la meilleure chose à faire face à des fantasmes perturbants est de les accepter sans culpabiliser pour ensuite tenter de comprendre la réelle envie qui se cache derrière.

 

Quelle est la frontière entre normalité et déviance?

Bien évidemment, tous les fantasmes ne sont pas sains. Certains, que l’on qualifie de déviants, présagent bien souvent d’une pathologie.

Selon une étude canadienne récente publiée dans Le Journal de la Médecine sexuelle, ces fantasmes déviants mettraient en scène des partenaires non consentants, humains ou animaux. Ainsi, la frontière entre la normalité et la déviance se situerait dans la notion de consentement du partenaire ou, au contraire, de refus.

Cependant, les chercheurs conviennent de l’existence d’une troisième catégorie englobant les désirs liés à la paraphilie. Celle-ci qualifie «l’ensemble des attirances ou pratiques sexuelles qui diffèrent des actes traditionnellement considérés comme “normaux”». Les fantasmes dits atypiques comprennent de très nombreux comportements sexuels, dont l’exhibitionnisme, l’ondinisme (le fait d’uriner sur son ou sa partenaire) et la scatophilie pour n’en citer que quelques-uns.

Faut-il réaliser ses fantasmes?

Il est difficile d’apporter une réponse précise à cette question. En effet, certains fantasmes génèrent une forte excitation mais peuvent donner le sentiment d’aller à l’encontre de la personne que l’on est. Autrement dit, ce n’est pas parce que l’idée d’inclure une partenaire dans vos ébats en couple stimule votre libido que vous vivrez bien la réalisation de ce fantasme.

Par conséquent, tous les fantasmes ne sont pas bons à concrétiser. Pour éviter les situations inconfortables, mieux vaut s’assurer que l’on a véritablement envie de réaliser ce fantasme (et avoir l’accord de son partenaire lorsqu’on est en couple) et que l’on garde le contrôle tout au long de l’expérience afin de pouvoir se retirer si l’on change d’avis.

Il est également important de comprendre qu’une fois réalisé, le fantasme perd de sa valeur érotique. Ce qui rend les fantasmes aussi excitants, c’est justement qu’ils renferment un sentiment d’interdit. De plus, dans nos songes érotiques, nous sommes à la fois acteur, réalisateur et metteur en scène. Concrétiser un fantasme implique de céder une partie du contrôle pour n’endosser que le rôle d’acteur. 

]]>