Top 10 des choses que j’arrive à faire et/ou dire depuis la révolution !

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1- Je peux parler politique, critiquer un ministre ou le président lui-même sans passer par la case prison.

2- Je peux parler politique au téléphone sans me faire épingler par la brigade d’écoute, chose que j’essaie d’expliquer vainement à ma mère qui chuchote encore au téléphone… Les vieux réflexes ont la vie dure !

3- Je suis avec intérêt et enthousiasme la vie politique en Tunisie, moi qui ne connaissais des ministres que les enfants qui vont en boite de nuit

4- Grâce à la couverture médiatique dont a bénéficié la Tunisie depuis la révolution, je n’aurai plus jamais besoin d’une carte et
de beaucoup de patience pour expliquer à des étrangers où se situe la Tunisie : « – Indonisia ? – No Tuuuniiiisiaaa, North Africa. »

5- Je peux accéder librement à tous les sites internet, Ammar 404 ayant pris sa retraite… à moins qu’il n’ait juste pris des vacances. Mais j’aurai tout de même le droit de lui signifier que je ne souhaite pas son retour …

6– Plus jamais je ne verrai la tronche de Zaba, sur une affiche 15 m/15 , avec sa cravate Burberry, ses cheveux gominés et son nez en patate. 23 ans de culte de la personnalité, ça m’a personnellement usé les nerfs.

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7- Plus personne ne pourra me dire : « Arrête, tu ne sais pas je suis le fils de qui ? (sic) ». A moins que ce soit le fils de Mark Zuckerberg en personne et qu’il menace de me supprimer mon compte Facebook… Là, franchement, je ne ferai pas la maline.

8- Un jour, je pourrai raconter à mon enfant notre révolution pour la liberté et lui dire sur un ton condescendant : « Si aujourd’hui tu vis en démocratie, c’est grâce à moi ! J’ai risqué ma vie pour libérer le pays ! Alors maintenant, tu te tais et tu manges ! »

9- Moi qui piquais une crise de nerfs à la vue d’un cafard, mon taux de courage a été multiplié par 100. Maintenant, le bruit des tirs ne me fait même plus peur et le bruit de l’hélicoptère de l’armée est devenu une berceuse.

10- Si un jour mon mari ramène trop sa fraise en refusant de partager les corvées ménagères sous prétexte que je ne suis qu’une femme et donc née pour le servir, je prendrai une grande inspiration avant de m’époumoner : « Woooooooh, dégage, dégage ! »

Par: Emna Darghouth