Témoignage : ma MST peut engendrer un cancer…

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HPV…Human papillomavirus infection. Il y a un an, vous m’auriez demandé ce que cela voulait dire, je n’aurais pas su répondre… mais aujourd’hui je le sais parce que je suis porteuse de ce virus.

Le HPV est un virus sexuellement transmissible, faisant partie de la famille des Papillomaviridae, et il a la particularité d’être transmis même si les personnes se protègent car il existe 200 génotypes de papillomavirus. Certains génotypes se transmettent par voie sexuelle et infectent les muqueuses génitales, d’autres se transmettent par contacts cutanés et infectent la peau. Je n’ai pas eu beaucoup de partenaires sexuels dans ma vie mais cela ne m’a empêchée de contracter ce virus.

Le mot cancer m’était apparu en gras italique souligné avec une taille de police énorme, je n’avais que 28 ans et j’allais mourir d’un cancer du col de l’utérus -c’était la première pensée qui m’était venue à l’esprit-

Je l’ai su en faisant mes courses, lorsque ma gynéco m’a appelée pour me faire part des résultats de mon frottis, et c’est là qu’elle m’a dit que j’avais ce qu’on appelle dans le jargon médical une dysplasie du col utérin de haut grade. Ce qui m’avait inquiétée ce n’était pas le terme en lui-même car je ne savais pas ce que le mot dysplasie voulait dire mais c’était plutôt sa voix tremblante. J’ai donc eu le sentiment que ce que j’avais n’était peut-être pas anodin. Elle m’avait demandé d’aller la voir le plus tôt possible pour qu’elle m’explique ce que j’avais et ce que je devais faire. Mais je n’ai pas pu attendre jusqu’au rendez-vous et j’ai commencé à chercher sur internet (chose que je déconseille de faire car on peut lire plein de conneries aussi) et je suis tombée sur cette définition :
« La dysplasie du col c’est une transformation des cellules du col de l’utérus et une dysplasie de « haut grade », correspond à un état précancéreux du col de l’utérus. En l’absence de traitement adéquat, ces lésions peuvent évoluer après plusieurs années vers un cancer. »…

Le mot cancer m’était apparu en gras italique souligné avec une taille de police énorme, je n’avais que 28 ans et j’allais mourir d’un cancer du col de l’utérus -c’était la première pensée qui m’était venue à l’esprit- mais heureusement que j’ai eu mon rendez-vous chez le gynéco pour me rendre compte que je n’étais pas encore arrivée à ce stade-là. J’avais d’autres examens à faire pour confirmer le résultat de mon frottis : une colposcopie « l’étude de la morphologie du col utérin et du vagin au moyen d’une loupe binoculaire qui grossit de vingt à cinquante fois, selon les appareils et les optiques choisies pour cet examen médical. » et une biopsie.

Quelques jours après je reçois les résultats, et c’est confirmé, j’ai une dysplasie que je dois traiter. Il faut savoir que le traitement ne combat pas le virus en lui-même, il aide plutôt à se débarrasser des cellules précancéreuses, le virus lui, il reste sauf si le corps s’en débarrasse tout seul. En parlant du traitement, il faut préciser qu’il en existe plusieurs et que l’un deux est assez agressif, au point de pouvoir engendrer des complications pour les grossesses futures.

J’ai consulté trois différents gynécologues pour être bien sûre du résultat, et à chaque fois le mot vaccin ressortait. (Je tiens à préciser ici que je ne vis pas en Tunisie et donc je n’ai vu aucun médecin tunisien). Il s’avère qu’il existe un vaccin qui est généralement fait entre l’âge de 12 et 19 ans pour les jeunes filles, et les trois gynécologues et moi-même étions étonnés de savoir qu’en Tunisie cette campagne de vaccination n’existait pas, faute de budget, ou bien pour d’autres raisons, personne ne sait, et il m’a fallu 28 ans pour en entendre parler alors que c’est l’une des premières causes du cancer du col de l’utérus.

Au début j’ai mal vécu le fait d’avoir cette maladie et j’ai commencé à en vouloir à mon partenaire car dans ma tête c’est lui qui m’avait passé cette saleté…

Avoir un virus sexuellement transmissible n’est pas une chose facile à porter. On ne peut pas le dire facilement, même si au fond on sait que ce sont des choses qui arrivent et que pour mon cas ce n’est pas non plus le virus le plus dangereux, mais ça reste quand même un fardeau car même, comme j’ai dit plus haut, je n’ai jamais eu une vie sexuelle mouvementée, aux yeux des autres j’ai quand même une MST.

Ce qu’il faut retenir de cette histoire c’est qu’il ne faut jamais négliger sa santé, et que les frottis sont essentiels pour dépister certaines maladies et pouvoir les guérir à temps. Au début j’ai mal vécu le fait d’avoir cette maladie et j’ai commencé à en vouloir à mon partenaire car dans ma tête c’est lui qui m’avait passé cette saleté, mais cela ne sert à rien de savoir qui a fait quoi et je suis bien contente d’avoir su tout ça maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Donc mesdames, n’hésitez pas et allez chez votre gynéco pour faire un frottis au moins une fois tous les trois ans, c’est peut être désagréable sur le coup, mais ça peut vous éviter le pire.