Les acquis de la femme tunisienne depuis l’indépendance

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En Tunisie, la femme bénéficie d’un statut unique dans le monde arabe, qui lui garantit une indépendance financière et des droits civiques importants grâce notamment au militantisme de certaines figures comme Abdelaziz Thâalbi ou encore le grand Tahar Haddad. En 1930, ce dernier publia son ouvrage “Notre femme dans la législation islamique et la société” qui fut condamné par les conservateurs. Mais en 1956, ses idées furent reprises dans le Code du statut personnel visant à l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme. On notera également la participation du Cheikh Mohamed Fadhel Ben Achour qui publia sa fatwa, fruit d’un ijtihad personnel, en la faveur des femmes. Depuis, le principe d’égalité entre hommes et femmes sur le plan de la citoyenneté et devant la loi fut expressément affirmée dans les textes législatifs tunisiens dont les plus importants sont :

– Abolition de la polygamie et de la répudiation
– Abrogation du mariage forcé
– Age minimum obligatoire au mariage limité à 18 ans
– Abolissement du devoir d’obéissance de l’épouse à l’égard de son mari
– Droit de travailler, de se déplacer, d’ouvrir un compte bancaire et de créer des entreprises sans l’autorisation de l’époux
– Droit de demander le divorce
– Droit à la contraception
– Droit à l’avortement
– Interdiction des discriminations à l’égard des femmes
– Coresponsabilité familiale du couple
– Non discrimination entre les hommes et les femmes au travail
– Egalité et parité entre les hommes et les femmes
– Les femmes peuvent voyager avec leurs enfants mineurs

Néanmoins,même si la femme tunisienne est une exception dans le monde arabe, il reste encore beaucoup à faire. Son statut est paradoxal puisqu’elle est encore pliée sous le poids des traditions et vit dans l’ombre des hommes.