Aïcha Zarrouk, un regard acidulé sur le monde

0
740

Une grenade en guise de cocktail, Mick Jagger jouant du luth et Mickey tout sourire tenant dans ses mains les têtes décapitées de Saddam Hussein et Che Guevara sont les représentations qui animent l’univers complètement décalé et déjanté d’Aïcha Zarrouk. Portrait d’une artiste résolument pop et singulière.

C’est dès son plus jeune âge qu’Aïcha Zarrouk développe un intérêt particulier pour l’art, qu’elle cultive quotidiennement par le dessin ou la confection de bijoux. Quelques années plus tard, la jeune femme s’expérimente à la broderie avant de se passionner pour le collage, qu’elle agrémentera de quelques traits de peinture pour en faire des tableaux. Ses années d’études en communication à la Regent’s university n’auront que confirmé une trajectoire déjà toute tracée. Aïcha Zarrouk s’y forme à l’analyse d’œuvre et d’artiste, deux notions fondamentales, au cœur de ses collections.

La jeune artiste témoigne d’un net penchant pour l’univers acidulé du pop art, bien plus que pour les paysages de Monet ou de Cézanne. Les couleurs vives et les motifs psychédéliques tapissent le fond de ses tableaux et offrent un contraste saisissant avec les icônes populaires, généralement imprimées en noir et blanc. Chacune de ses œuvres livre un message, une vision du monde actuel parfois teintée de cynisme sur fond d’anticonformisme. Aïcha Zarrouk s’amuse à détourner les célébrités et personnages fictifs pour les incarner dans une réalité toute autre et qui lui appartient. Ainsi sous notre regard amusé, les sanguinaires Mao Zedong et Saddam Hussein sont en quelques coups de pinceaux grimés en clown tandis que la jolie Wendy trompe Peter Pan en échangeant un délicat baiser avec James Dean.

Assez discrète sur le plan médiatique, l’artiste a exposé ses œuvres à Dar Marsa et dernièrement à la galerie du Violon Bleu (Sidi Bou Saïd).

Texte : Zyla Chiboub

Photos : Amel Guellaty

EnregistrerEnregistrer