Afghanistan: une artiste défile en armure de fer pour dénoncer les agressions sexuelles

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Une jeune artiste afghane a défilé avec une armure de fer dans les rues de Kaboul pour dénoncer l'harcèlement sexuel dont sont victimes les femmes. Menacée de mort, elle vit désormais cachée.

Kubra Khademi, une artiste afghane de 27 ans, a défilé, le 26 février dernier, dans un quartier du centre de la capitale afghane vêtue d'une armure de fer qui englobe ses fesses et sa poitrine. Une façon originale de dénoncer les attouchements que subissent les femmes afghanes au quotidien. Les réactions des piétons ne se sont pas faîtes attendre. "Les gens disait "giflez-la, frappez-la, elle est maudite", témoigne Kubra Khademi. "Des hommes ont vite commencé à me suivre et à m'insulter. Certains se sont même mis à me lancer des pierres", ajoute-elle. Face aux insultes et aux jets de pierre, l'action de la jeune artiste, qui a dû s'enfuir très rapidement, n'a duré que quelques minutes,. Harcelée et menacée de mort la jeune femme a même été contrainte à changer de domicile et à se cacher dans la banlieue de Kaboul de peur des représailles.

L'artiste explique que l'idée de cette armure de fer lui est venue alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. "Ce travail parle de ce qui m'est arrivé lorsque j'avais quatre ou cinq ans", explique-t-elle à l'AFP. "Quelqu'un m'a touché dans la rue et il est parti. Pour lui j'étais juste une fille, peu importe l'âge que j'avais et je me suis dit alors :"si seulement mes sous-vêtements étaient fait de fer". Une histoire presque banale en Afghanistan déplore la jeune artiste.

Quelques jours après l'action très remarquée de Kubra, des hommes ont défilé dans les rues de Kaboul en burqas pour exprimer leur solidarité avec les femmes afghanes et dénoncer les violences dont elles sont victimes. "Le port de la burqa est imposé par les homme, nous sommes ici pour exprimer notre solidarité avec les femmes et partager l'expérience de cette douleur en couvrant nos visages avec une burqa", explique Ali Reza Yasa, militant des droits des femmes, à l'AFP. Basir, un autre manifestant âgé de 29 : "Nous voulions dire aux responsables afghans que les misères des femmes afghanes ne peuvent être ressenties en célébrant la journée des femmes dans des grands palais avec des discours vides".

 

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