Nous, Tunisiens, sommes très attachés à nos traditions. Si nous fêtons comme il se doit l’Aid El Kébir et El Seghir tout comme le nouvel an de l’Hégire, la Achoura revêt une grande importance surtout dans les régions du sud du pays. Traditionnellement célébrée le 10ème jour de Mouharram, premier mois du calendrier musulman, afin de commémorer le jour où Dieu a libéré Moïse de Pharaon, elle est aussi fêtée pour commémorer l’assassinat de l’Imam Hussein, petit fils du prophète Mohamed (SAW).

Chez nous, cette fête diffère selon les régions. Si dans la capitale, les femmes ont coutume  de ne pas faire le ménage, de ne pas se maquiller et de mettre uniquement du khôl en signe de deuil du martyr Hussein et de préparer également des pâtes au poulet, plus au sud dans la région de Gabès, on prépare des œufs colorés que les enfants décorent ainsi qu’un couscous  décoré d’œufs et de confiseries. Les enfants ont également l’habitude d’allumer un feu pour sauter dessus.

A Zraoua, région Amazigh pas loin de Matmata, les femmes ont coutume de prendre une chéchia enroulée dans une « la7fa », qu’elles disposent dans un plateau pour l’entourer d’œufs durs et de pain. Elles allument également des bougies dans le plateau et servent les œufs et le pain au reste de la famille au milieu de youyous. Dans d’autres régions, c’est la « maslouqa » ou encore le « bazine » qui sont préparés.

Le bazine : Il se prépare comme une assida blanche, avec de la semoule de blé ou d’orge à laquelle on ajoute de la levure et une « marqa » qui peut être soit à base de viande, soit aux seiches.