Plus qu’une addiction, une maladie. L’achat compulsif  est une pathologie d’ordre psychique qui touche principalement les femmes. Retour sur cette frénésie des achats qui peut gâcher des vies.

Appelé aussi l’oniomanie, l’achat compulsif est caractérisé par un besoin intense et répétitif d’acheter des biens. Lors de l’achat, l’individu ressent de l’euphorie souvent suivie par un sentiment de honte et de culpabilité. Cette situation finit par affecter et chambouler négativement la vie de l’acheteur compulsif tant sur le plan privé que professionnel.

De nos jours, cette maladie atteint de plus en plus de personnes. Mais quelles sont les causes de cette pathologie et quel est son traitement ?

Les causes

La pression médiatique et les nombreuses publicités sur Internet accentuent le besoin d’achat chez le consommateur créant sans cesse de nouveaux besoins. L’individu se retrouve ainsi confronté à de nombreuses tentations. Si certains arrivent à être rationnels dans leurs achats, d’autres tombent dans le piège et ne peuvent contenir ce comportement.

Effectuer un achat provoque un sentiment de bien-être à l’acheteur. A travers des achats multiples, les acheteurs compulsifs cherchent justement à reproduire ce sentiment de jouissance. Souffrant généralement de dépression, de manque de confiance en soi ou encore d’intolérance à la frustration, ces personnes désirent compenser ou atténuer leur souffrance.

Pour d’autres acheteurs compulsifs, il s’agit d’une sorte de revanche sur le passé ; une enfance pauvre ou frustrante par exemple.

Les personnes souffrant d’achat compulsif présentent également d’autres troubles psychologiques comme la dépendance à Internet et aux réseaux sociaux, la dépression, un trouble alimentaire (boulimie), de l’anxiété…

Conséquences

Au fur et à mesure de ses achats répétés, l’individu peut rencontrer des difficultés financières et dans des cas extrêmes, se ruiner. Les sentiments de honte et de culpabilité l’envahissent souvent après l’achat.  Sa relation avec ses proches change également. Témoins de ces comportements impulsifs, la famille et les amis peuvent montrer une certaine incompréhension et émettre un certain jugement à son égard.

C’est  l’histoire de Monia,  38 ans :

« J’ai commencé à multiplier les dépenses lorsque j’essayais pour la énième fois d’avoir un enfant. Cela faisait 3 ans que j’étais mariée et je n’arrivais toujours pas à tomber enceinte.  Je déprimais et je n’avais plus goût à rien. Acheter des vêtements était devenu ma seule source de bonheur. J’ai donc commencé à acheter sans compter. Au début, j’y arrivais avec mon propre salaire mais au fil du temps, j’avais besoin de plus d’argent. J’ai donc commencé à en demander à mon mari. Lui, il ne réalisait pas à quel point je devenais dépensière. Lorsqu’il l’a découvert, les disputes se sont enchainées. Il ne comprenait pas mon comportement. Je voulais arrêter mais je n’y arrivais pas. J’étais à découvert et j’entrainais mon époux sur le même chemin. On était en crise et il menaçait de me quitter si je n’arrêtais pas cette hystérie consommatrice.

Heureusement, grâce au soutien de ma mère, j’ai pu suivre une thérapie. J’ai compris d’où venaient mes maux. L’incapacité de concevoir un enfant m’a endommagé l’esprit bien plus que je ne le pensais. En parler finalement avec mon mari fut une libération. »

Le traitement 

L’acheteur compulsif doit avant tout vouloir guérir. En effet, l’effort doit émaner de lui-même et non d’une pression familiale ou autre.

Cependant, il faut qu’il soit soutenu et entouré de ses proches. La famille peut participer grandement à la guérison.

Sachant que la source de cette pathologie est bien souvent psychologique, il est recommandé de consulter un(e) thérapeute pour retrouver un épanouissement global et une meilleure maitrise de sa vie et de ses dépenses. Une thérapie comportementale ou cognitive est généralement le chemin le plus efficace.

Par ailleurs, les personnes atteintes d’achat compulsif peuvent essayer des petites techniques qui permettent de contrôler ce comportement. Parmi ces petites astuces, on conseille, par exemple, le suivi régulier de l’état de son compte bancaire afin de garantir une prise de conscience de l’argent perdu et éviter de tomber dans un déni de la réalité. L’acheteur peut également prendre l’habitude de payer uniquement par espèce pour mesurer à chaque fois les dépenses effectuées.