3/3: L’amour chez les jeunes: L’amour via les applications de rencontres, où en est la Tunisie ?

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En 2019, les réseaux sociaux et les applications semblent être un passage obligé pour toutes les personnes désirant faire des rencontres, de courte ou longue durée. Tinder, Facebook, Instagram, Meetic : les applications pour trouver « l’amour » sont si nombreuses, qu’elles semblent donner un coup de vieux aux rencontres réelles. Même si la séduction se fait encore dans la rue, en club ou par des rencontres arrangées par des amis en commun, certains individus trouvent plus de facilité à faire le premier pas « en ligne ».

Une manière de vaincre sa timidité

Si séduire peut se faire de mille manières, notamment par un langage du corps subliminal, il implique surtout d’aborder l’autre ; un exercice qui peut s’avérer impossible pour les plus timides. Les applications et réseaux sociaux leur permettent ainsi de tâter le terrain avec prudence, prendre le temps de s’informer et aborder une personne sans craindre d’être rejetés de la même manière que s’ils étaient en face d’elle. De même, elles aident à franchir la barrière de la langue ou d’une culture très différente lorsqu’on est nouveau dans une ville.

Quelles applications pour quels pays ?

En Tunisie, certaines applications ont plus de succès que d’autres, comme par exemple Tinder. Installée sur un smartphone et liée à un compte Facebook, elle permet de voir défiler les profils de personnes utilisant également l’application et étant passées dans un rayon déterminé par l’utilisateur. D’un geste du doigt, libre à ce dernier de « liker » ou « swiper », de dire donc « oui » ou « non » à une future rencontre. En cas de « match » – un « oui » -, la conversation peut débuter…

Facebook fait également partie des applications les plus utilisées pour faire des rencontres (57% selon notre sondage en ligne). En s’aventurant aléatoirement dans cet immense réseau social, certains utilisateurs sont séduits par tel ou tel profil et envoient un message comme s’ils n’avaient rien à perdre. Idem pour Instagram, où la photo de l’utilisateur peut être affichée sur le fil ou en story. En likant plusieurs photos d’un même utilisateur, ce dernier comprend que quelqu’un s’intéresse à lui.

Une autre application, destinée aux rencontres professionnelles, a vu sa fonction première dévier : LinkedIn. En Tunisie, comme partout ailleurs, cette plate-forme est de plus en plus utilisée pour draguer. Même si les profils, qui présentent les différentes formations professionnelles des personnes inscrites, ne sont pas toujours accessibles au public, il y a toujours une petite photo affichée sur la page. Évidemment, une photo attire toujours…

Même s’ils sont très utilisés, tous ces nouveaux outils ont-ils détrôné les bonnes vieilles manières de faire des rencontres ?

Facebook en tête des applications les plus utilisées

Dans notre sondage en ligne réalisé au mois de janvier, nous vous demandions si vous « avez déjà vécu une histoire d’amour qui a débuté virtuellement ». Sur 1660 personnes, 55,9% ont répondu « oui ». Côté applications et réseaux sociaux utilisés pour faire des rencontres, 57,3% des personnes sondées (soit 1570) ont répondu Facebook. Instagram arrive deuxième (30,1%), Tinder quatrième (13,4 %), suivi de LinkedIn (2,7%). L’option « Autre » qui regroupe d’autres réseaux sociaux ou applications (Happn, Once, Grindr, etc.), arrive troisième du classement.

Pour 66% des sondés (sur un total de 1584), « les rencontres virtuelles sont […] à but » amoureux. Pour 46,8%, elles sont à but sexuel. Les Tunisiens trouvent-ils davantage l’amour sur Internet qu’en situation « réelle » ? Clairement, cela se passe majoritairement grâce à des amis en commun (59,7%). Facebook arrive tout de suite après avec 35,9% suivi des lieux du travail (20,8%) et des clubs/restaurants/cafés (18,5%). 10,7% ont répondu « en pleine rue ». Instagram et Tinder ne représentent, respectivement, que 7,7% et 7,5% des situations où l’on peut trouver l’amour.

Même s’ils semblent très utilisés, applications et réseaux sociaux ne sont donc pas détrônés par les situations réelles. Les Tunisiens ne sont donc pas près de renoncer aux bonnes vieilles méthodes de rencontres.