13 août : hommage aux femmes de Tunisair

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©Femmes de Tunisie

Chez Tunisiair, elles sont cheffe d’avion, cheffe d’escale, agent d’accueil, chauffeur, cheffe d’agence, agent de catering, hôtesse de l’air, commandant de bord, cadre supérieur, directrice, etc. Ce sont les femmes de la compagnie aérienne nationales, les « gazelles » comme aiment à les appeler leurs collègues hommes. Elles sont à tous les postes, égales à l’homme et à ses côtés. Elles assurent à terre et plus encore en l’air. Capables d’assurer un vol avec un équipage 100% féminin, elles n’ont aucune preuve de compétence à faire. Et à l’occasion de la fête de la femme et de la célébration du Code du Statut Personnel le 13 août, Femmes de Tunisie a choisi de rendre hommage à quatre gazelles différentes, ces fourmis travailleuses qu’on voit peu ou rarement. Une technicienne avion, une cheffe d’agence, une cheffe de cabine et une cheffe d’escale. Vive les femmes de Tunisair !

Nadia Ben Romdhane-Cheffe d’escale depuis 32 ans

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Son métier n’est pas de tout repos. Être chef d’escale nécessite de la vigilance, de l’énergie, le sens du détail mais aussi de l’écoute et de la bienveillance. Il faut être capable de tout gérer lors d’un vol jusqu’à l’arrivée du commandant de bord. Nadia Ben Romdhane assure des conditions optimales pour les vols de la compagnie tunisienne et s’occupe des passagers tout au long des escales depuis plus de 30 ans. Sa première journée de travail, elle s’en souvient très bien : « C’était le 24 décembre 1987. J’étais très émue parce que j’ai toujours voulu intégrer la compagnie Tunisair. » dit-elle en se remémorant ses débuts. Son métier, elle l’a rêvé, avec ses avantages et ses inconvénients, ses difficultés et ses défis. « Aucun vol ne ressemble à un autre. Être cheffe d’escale est très excitant comme travail, même lorsqu’il s’agit de retards. C’est d’ailleurs comme ça qu’on fait la différence entre un bon et un mauvais chef d’escale. Un bon chef d’escale est capable de gérer les situations difficiles, dont les retards ».

Féminine jusqu’au bout des ongles, Nadia s’impose dans un secteur réputé pour être masculin. « Il m’arrive très souvent d’être la cheffe d’escale de permanence où je ne gère que des hommes à l’aéroport » explique-elle, mais cela ne lui pose aucun problème. Le respect est de rigueur au sein de la compagnie et l’égalité est une ligne de conduite adoptée depuis longtemps chez Tunisair. Même si cette dame de fer sait très bien jouer de son statut de femme quand il le faut « Ma féminité au travail, j’en fais un atout ! J’essaie de rester ferme et ne laisse pas les gens m’agresser. Quand ils sont devant une femme qui leur explique les choses sincèrement, les vis-à vis ne sont plus agressifs. »

Cela fait 32 ans que Nadia Ben Romdhane coordonne les différentes étapes des vols. Vous avez d’ailleurs sûrement dû croiser cette femme élégante, imposante et bienveillante avant de monter à bord de Tunisair. Cette expertise, elle l’a apprise au fil du temps grâce à Zeineb Rostom, sa supérieure à l’époque. Un professionnalisme qui se transmet, même si les débuts sont parfois difficiles. D’ailleurs, Nadia se souviendra toujours de ce vol à double destination qui passait par Beyrouth. « À l’époque, on récupérait les cartes d’embarquement, les billets et autres manuellement. Je tenais à tout faire toute seule sans être assistée par ma supérieure. Mais j’avais fait la confusion entre l’abréviation de Beyrouth « BEY » et le nom de famille Bey. En récupérant les billets, je pensais qu’une partie des passagers était d’une même famille qui partait assister à un mariage ou à un grand événement et je trouvais bizarre que les membres de cette famille ne se parlent pas entre eux. [Rires] ». Aujourd’hui c’est Nadia qui transmet ce savoir-faire aux nouvelles générations!

Lamia Belhaj Hamouda-Cheffe de cabine depuis 22 ans chez Tunisair

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Lamia Belhaj Hamouda faisait partie de ces petites filles qui rêvaient de voler dans les airs, de porter l’uniforme et de devenir hôtesse de l’air. Son rêve, elle l’a vécu en grand, puisqu’elle a fini par devenir cheffe de cabine après avoir passé un concours. Du haut de ses 22 ans chez la compagnie nationale, elle sait qu’elle effectue un métier valorisant, mais tout aussi contraignant. « Notre rôle principal est d’assurer la sécurité des passagers à bord et pour cela, nous suivons des stages de sécurité de manière cyclique, qui sont validés par l’aviation civile. Nous faisons des séances de simulation d’évacuation, d’extinction du feu, etc. Pour exercer ce métier, il faut avoir une bonne hygiène de vie, parce que l’avion est un environnement assez agressif pour notre corps. L’atmosphère est sèche à l’intérieur, il y a beaucoup de pression, etc., les horaires ne sont pas évidents et des fois, nous ne sommes pas à l’abri d’une météo capricieuse. »

Mais Lamia est surtout là pour veiller au confort des passagers, tout en gérant de son mieux son groupe durant le vol. Elle est aussi le vis-à-vis du commandant en cabine et assure la sécurité de l’avion. Un métier qui n’est pas de tout repos donc et qui nécessité rigueur et organisation. Et s’il rime souvent avec « femme », pour les gazelles de l’air de Tunisair, il n’est pas toujours évident de pouvoir concilier le travail et la vie personnelle. Un sacrifice comme on en trouve dans chaque corps de métier. « Je me donne entièrement à mon métier, je le fais avec beaucoup d’abnégation et de passion. Il faut avoir la conviction d’occuper ce poste et pour réussir, il faut aimer ce qu’on fait et être rigoureux et bien organisé pour trouver un équilibre entre le travail et la vie personnelle. » confie Lamia.

« Le plus beau métier au monde », c’est tout simplement comme ça qu’elle le pense et qu’elle le vit. Bien sûr, il a ses avantages et ses inconvénients comme tous les métiers. Lamia adore voyager, voir le monde, être en contact avec beaucoup de nationalités différentes. D’énormes avantages qui lui font oublier les horaires contraignants. Même si elle reste convaincue qu’avec une organisation implacable, tout est gérable. Tout comme sa première journée chez Tunisair dont elle se souvient encore. « À l’époque, j’avais commencé comme hôtesse de l’air. J’avais énormément de trac, car ce n’est pas évident de se retrouver dans un avion plein de passagers. Mais je me disais que j’étais entrain de réaliser mon rêve d’enfant pour pouvoir tenir. » Un rêve qui l’anime encore depuis 22 ans déjà. Alors si vous prenez votre vol avec Lamia Belhaj Hamouda, pensez à lui dire bravo pour s’être accrochée à son rêve d’enfant mais aussi pour son amour pour son métier !

Islem Tlili-Technicienne avion depuis 2 ans

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Toute jeune, toute fine, la nouvelle brune technicienne avion chez Tunisair s’appelle Islem Tlili. Mais ce qui est incroyable c’est qu’elle est la seule femme parmi les plus de 500 techniciens. Une vraie révolution dans le secteur qui prouve une fois de plus que la femme est l’égale de l’homme peut importe le domaine. Islem assure le contrôle depuis son recrutement en 2017. « Actuellement, je suis à l’atelier CND (contrôle non destructif). C’est basé sur la recherche des criques qui peuvent affecter l’avion sur différents endroits, que ce soit au niveau de la structure ou bien des jantes de roues. ». Cette technicienne avion B1 avoue ne pas avoir eu le trac lorsqu’elle a appris son affectation au sein de la compagnie au milieu de tous ces hommes. « C’est en grande partie grâce à ma passion pour le travail que je fais. Du reste, pour ma première journée de travail, tout le monde a été gentil et serviable avec moi. Ils m’ont tous respectée dès le premier jour. »

Son anecdote la plus marquante autour de son métier, elle la vit au quotidien. « Toutes les personnes qui apprennent que je suis technicienne avion sont surprises. Cela me fait marrer. » Convaincue que ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on ne peut pas faire certains métiers, Islem pousse les limites, donne tout pour être la meilleure et pour prouver qu’elle peut assurer. « Je suis douée dans ce que je fais. Pourtant, je suis issue d’un baccalauréat scientifique. Mais je me suis orientée directement vers la mécanique. C’est un monde qui me passionne. »

Islem est donc une gazelle légèrement différente des autres. Sa tenue de travail est un peu plus masculine et le milieu dans lequel elle passe ses journées est « viril ». Ce qui ne lui donne pas beaucoup de marge pour vivre pleinement sa féminité au travail. « Mais la vérité, quand je vais travailler, je deviens un homme et ça arrive naturellement sans que tu ne t’en rendes compte. Même si le langage des hommes peut être un peu sévère parfois, il ne l’est jamais avec moi. Ils me respectent tous. »

Islem Tlili a certes encore des défis à relever dans son métier « d’homme », mais elle le fait tellement bien, qu’on la traite déjà comme tous les autres techniciens. « On m’accorde la même confiance et on attend de moi d’accomplir le même travail fini. Il n’y a aucune différence entre eux et moi. »

Sonia Ben Hassine-Cheffe d’agence depuis 29 ans chez Tunisair

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S’il y a une qualité indispensable pour un chef d’agence d’une compagnie aérienne, c’est bien la patience. Avec son sourire et son humeur joyeuse en prime, les clients ne peuvent ressortir que satisfaits de l’agence où ils ont pris l’habitude de trouver Sonia. Cela fait d’ailleurs 29 ans qu’elle exerce son métier avec amour. Avant d’être nommée cheffe d’agence, Sonia Ben Hassine a d’abord été cheffe de comptoir même si elle passe ses premiers mois au sein de la compagnie au service technique. « J’y ai passé presque deux ans. À cette époque, Tunisair faisait les grandes visites des avions d’Air Algérie et de Royal Air Maroc. » raconte Sonia Ben Hassine, discrètement maquillée, comme tous les jours depuis qu’elle a commencé le travail. D’ailleurs de cette période, elle garde un souvenir mémorable. « Aussitôt mes études terminées, j’ai vite atterri dans le monde du travail. Notre travail consistait à faire l’inventaire dans un grand magasin. J’en avais d’ailleurs rigolé à l’époque. Mais j’ai été rapidement mutée, et de service en service, j’ai fini par être affectée au poste que je voulais». Et le poste qu’elle voulait était bien sûr la billetterie. Un métier pas du tout facile et délicat. « Il faut beaucoup de patience car on est en front office. Cela fait presque 30 ans que je suis à Tunisair et j’espère que j’aurai la patience nécessaire pour continuer à bien faire mon travail. »

Mais 30 ans de service, cela ne passe pas sans mise à jour et sans formation continue, surtout si le travail nécessite la maîtrise de logiciels, d’applications et de réseaux informatiques. C’est ce qui motive Sonia que nous rencontrons ce jour-là à la sortie d’une formation. « J’adore les nouveautés. C’est un plaisir pour moi d’en user pour satisfaire mes clients. Un client satisfait est un client fidèle. C’est cela mon adage. Même les réclamations passent mieux avec le sourire. »

D’ailleurs, elle fait de son sourire un outil empreint de féminité. Sonia sait calmer les clients impatients ou mécontents. Peu importe les histoires personnelles ou professionnelles qui se cachent derrière ces nombreux vols pris chaque jour, l’expérience commence dès la réservation du billet. Une expérience qui se doit d’être agréable et inoubliable. Et ce sont les « gazelles » de la compagnie qui assurent une bonne partie du travail. « J’ai d’ailleurs tout le respect de mes collègues hommes, de mes clients et de mes collaborateurs. »

Mais au fait, qu’est-ce que Tunisair a de particulier ? Sonia répond tout simplement « Elle a tout. Pour moi, c’est la meilleure compagnie au monde malgré la crise de ces dernières années. Elle est particulière pour moi. Un exemple qui n’arrive qu’avec Tunisair : quand un avion est complet, tu ne peux rien faire avec aucune autre compagnie. Mais Tunisair se plie en quatre pour te trouver une place. N’est ce pas une belle preuve d’amour ! »

Crédit photos : Studio FDT

Make Up : Milo

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