Wahch Echacha : Nermine Sfar face à un Samir El Wafi pathétique

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Dimanche 22 mars, Nermine Sfar était invitée sur le plateau de l’émission Wahch Echacha sur la chaîne Attessia. Un épisode dans lequel l’artiste tuniso-italienne était plus assise au banc des accusés qu’à la place d’une invitée.

Si vous faites partie de ceux qui vivent dans un bunker sans connexion internet, Nermine Sfar fait exploser les réseaux sociaux (plus de 130 000 vues en Live) depuis quelques jours en dansant de chez elle. pour sensibiliser à l’importance du confinement. Une manière de divertir les internautes confinés chez eux suite aux mesures entreprises dans la lutte contre la propagation du Coronavirus.

Pourtant, la jeune femme n’a été que brièvement reconnue pour sa performance. L’émission de Samir El Wafi aurait pu être une sorte d’Ellen Show où Nermine aurait été accueillie dans une ambiance positive et saluée pour son action. Non, à la place, l’artiste s’est plutôt retrouvée dans un épisode de Law & Order. Silence, le procès de Nermine commence…

« Une artiste ou quelque chose dans le genre »

Le passage de Nermine Sfar commence déjà très bien. Introduite par Samir El Wafi, la jeune femme est qualifiée d’ « Artiste du Corona » et non d’une artiste tuniso-italienne très suivie. C’est comme si l’on disait que l’actrice Clémentine Célarié était l’ « Artiste du SIDA » après avoir embrassé, sur le plateau de Dechavanne en 1994, un jeune séropositif dans le but de démolir les clichés sur la maladie. Nermine est donc cantonnée à l’artiste de la maladie.

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Vient ensuite le moment où le présentateur se pose une question « existentielle » qui pourrait s’apparenter à de la dévalorisation. Mais à quoi bien peut faire joujou Nermine Sfar ? « On revient à l’artiste Nermine Sfar. Je ne sais pas, une artiste ou quelque chose dans le genre. Tu n’es ni danseuse professionnelle ni chanteuse professionnelle. Tu es une citoyenne qui chante et danse », lance Samir El Wafi. Qu’elle soit danseuse, chanteuse, amatrice ou professionnelle, on a du mal à cerner le but de cette présentation dévalorisante pour le métier d’artiste.

Nermine comme la « cause des problèmes de couple »

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Si son son statut d’artiste n’a pas été visiblement compris par le présentateur, Nermine se retrouve en plus de cela accusée d’être l’objet de disputes conjugales. « Il y a eu des problèmes familiaux, comme cette femme, dans les commentaires, qui a menacé son mari de lui enlever les enfants parce qu’il était en train de regarder Nermine Sfar », lance le présentateur qui nous rappelle l’émission de télé-réalité L’île de la tentation. En plus d’être une « simple femme qui danse », Nermine devient donc objet de dislocation des familles.

« L’origine du mal »

Pour Samir El Wafi, il y a forcément une raison plus profonde à ces danses en Live. Forcément, une femme qui voudrait danser en direct cache un horrible passé derrière elle. « Derrière tout cela, je sens une fille blessée, triste, à l’enfance malheureuse… […] Ce que tu es en train de faire est donc un masque pour cacher tes blessures et vivre avec les autres », enchaîne Samir. Face une question sans fondement et qui n’a pas lieu d’être, Nermine explose en larmes. Que son enfance ait été heureuse ou malheureuse, ce passage ne nous intéresse pas. Passons.

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Le super combo consternant de Samir El Wafi

Le passage de l’artiste se voit constamment gâché par les remarques et questions totalement stupides de son présentateur : « Les gens vont dire que tes larmes sont fausses », « Tu ne te fais pas entretenir ? », « Combien y a-t-il de pourcentage de silicone dans ton corps ? », etc. 

La danseuse raconte ensuite son expérience dans un célèbre établissement et tient à en souligner le côté « select » où la casquette est proscrite. « Tu dois te dénuder mais la casquette est proscrite… », commente le présentateur. « Tu me vois nue là tout de suite ? », lui demande-t-elle. « Je ne tiens pas à commenter », répond Samir. Ce n’est pas grave : on anticipe déjà sa réponse située entre hypocrisie et misogynie. 

« – Quelle est la différence entre admiration et respect ? », lui demande-t-il ensuite.

  • Aujourd’hui, les gens me respectent, m’aiment et m’admirent. Pourquoi ? Parce que je leur offre des sourires et du bonheur 
  • Et d’autres choses, comme les problèmes. »

Visiblement, à chaque fois que Nermine Sfar répond de manière sincère et enjouée, le présentateur se tourne systématiquement vers l’agressivité et le rabaissement.

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D’un autre côté, l’un des invités de cet épisode nous a agréablement surpris. On ne pensait pas le dire un jour mais Ala Chebbi a sorti de sa bouche des choses positives et non condamnables. À plusieurs reprises, l’animateur télé a soit contré son confrère soit défendu directement Nermine en prônant la liberté. Celle de faire ce qu’elle veut et de porter ce qu’elle veut. Et si l’on n’est pas d’accord avec la danseuse, on ne va pas la regarder danser en Live. Merci « Si Ala ». Que Samir El Wafi en prenne de la graine…

Pourtant, dans cette avalanche de remarques nauséabondes, l’intéressée parvient à se sauver elle-même avec des réponses aussi pertinentes qu’émouvantes. In fine, Nermine, qui se définit comme « une fille simple », aimerait juste « faire plaisir », « être heureuse », « contribuer à [sa] manière » à la lutte contre la propagation du Coronavirus. Elle compte d’ailleurs monétiser ses Live sur YouTube afin de récoler l’argent pour cette bataille. «

« Je suis en train de recevoir une énorme quantité d’amour et d’énergie qui me manquaient… Je n’ai jamais ressenti autant de bonheur qu’aujourd’hui », commente-t-elle. « Une femme libre et affranchie ».

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