A travers une série de témoignages, Femmes de Tunisie vous propose de plonger dans le tréfonds du vécu des dames qui ont réussi à pardonner l’infidélité de leur conjoint.

Sonia ,50 ans (maitresse d’école)

« J’ai appris l’infidélité de mon mari en le surprenant au téléphone avec elle. Ma première réaction était de sortir de chez moi et d’aller voir ma mère. Après des pleurs et des crises de colère, elle avait fini par me surprendre par un conseil, à mes yeux, très inhabituel.  Elle m’avait dit qu’il était hors de question pour moi de divorcer, que ce n’était pas dans nos us et coutumes que c’était mal vu d’être divorcé dans notre société.

Cependant, et malgré la stupeur que son discours provoquait en moi, elle marquait un point dans tout son discours : Je ne pouvais pas me permettre de divorcer, avec un salaire de 700 dinars par mois et 3 enfants à charge. Il était clair que je ne pourrais pas subvenir à mes besoins et encore moins à ceux de mes enfants. Et puis surtout, je ne voulais pas infliger une séparation à mes enfants et risquer de les perdre.

Je ne rentrais pas chez moi ce jour-là.

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Au début, j’avais  décidé de faire comme si je n’étais au courant de rien. Mais je devenais petit à petit obsédée par cette histoire. Elle me consommait, me changeait. Un jour j’avais décidé de le suivre et tout faire pour la voir, elle qui a brisé mon couple. Je n’ai réussi à la voir que le deuxième jour. Elle était d’une vulgarité affligeante, même si plus jeune et avec beaucoup de formes.   Ma déception fut si grande de voir qu’elle était loin d’être mieux que moi. Je m’étonnais de mieux supporter cette infidélité après l’avoir vu.  Pourtant, je restais blessée et trahie par l’homme que j’aimais que je finis par lui dire que je savais.  Sa réponse était qu’on s’était trop éloignés, qu’il se sentait seul et qu’il avait fait une erreur. Il m’avait suppliée de lui pardonner. Il promettait qu’il allait arrêter de la voir  et que j’étais celle qu’il aimait… la mère de ses  enfants.

Je lui ai évidemment pardonné, et j’ai fini par dépasser cette histoire.

Deux ans plus tard, j’ai découvert des factures louches en rangeant son bureau et de nombreuses dépenses étranges. De fil en aiguille, j’ai fini par comprendre qu’il me trompait toujours et pire encore qu’il lui payait un loyer. C’était pour moi le coup de grâce. Ce n’était plus une trahison mais une humiliation.

Mais j’avais toujours trop à perdre. Je ne voulais pas donner la satisfaction à cette traînée  de l’avoir pour elle seule et encore moins permettre à « mon mari »  de vivre librement sa vie. J’avais décidé donc de rester. J’avais tant de colère et tant de dégoût qu’une forme de guerre froide s’était vite installée entre lui et moi. Il me répugnait tellement. Je  consacrais entièrement ma vie à mes enfants et à mes loisirs.

5 ans plus tard, j’ai rencontré un homme veuf lors des funérailles d’un ami en commun. Ironiquement, ce jour-là fut le jour où ma vie a repris vie. Mes enfants devenus adultes, sans gêne ni doute, je divorçais et me remariais ».

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?